Chronique Que Choisir: huile d’olive frelatée

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Le marché de l’huile d’olive est depuis longtemps une sorte de casino, avec de gros profits pour certains grossistes, et de douloureuses surprises pour les clients. Ce produit est trop souvent de qualité médiocre, et parfois frelaté. Mais les profits sont énormes.

16 septembre 2019 Chronique Que choisir L’huile d’olive frelatée

Toutes les grandes marques d’huile d’olive achètent aux mêmes producteurs (Espagne, Grèce, Italie, principalement), et réalisent des assemblages, en fonction des lots disponibles, aux meilleurs prix, sur un marché très spéculatif. Mais les approvisionnements ne se font pas en direct : les olives voyagent ou les contrats passent entre plusieurs intermédiaires. Il est facile de brouiller les pistes, mélanger les origines, éluder les contrôles, falsifier les sources, dans ces circuits complexes. On a connu le résultat pour certaines viandes de cheval.

Ainsi, le parcours hasardeux des marchandises ou de leur trace commerciale permet d’introduire des lots d’huile de colza ou de tournesol, ou des pressages de résidus avec des huiles vierges. Par exemple, l’appellation “vierge extra” permet de vendre nettement plus cher qu’une huile “vierge ordinaire”. Mais la réglementation internationale, élaborée par la filière et non par les autorités publiques, admet une proportion élevée de produits douteux, incorporés sans véritable contrôle dans des huiles apparemment conformes.

Les gros producteurs qui dominent ce marché n’ont pas intérêt à durcir ces normes. En effet, l’appellation “vierge extra” est appliquée aussi bien à des huiles médiocres, issues de lots frelatés, qu’à des productions artisanales, sur des fruits d’origine locale, et sans assemblages. Finalement, les contrôles ne permettent de sanctionner que de graves abus. Ce fut le cas en Italie, avec une amende colossale infligée au distributeur LIDL et à la marque CARAPELLI, entre autres, pour mise en vente d’huiles étiquetées “vierge extra”, qui méritaient à peine l’appellation “normale”.

Les exportations d’huile d’olive par l’Italie représentent plus de deux fois les volumes qu’elle produit. C’est une aubaine pour les tricheurs, parce que le trafic est assez facile, et les gains considérables. Un journaliste américain a démontré que les profits tirés de l’huile d’olive peuvent être très supérieurs à ceux de la cocaïne, avec beaucoup moins de risques.

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