Fleur de sel : Il n’y a pas d’alternative – aller à la racine

5 min read

Il n’y a pas d’alternative 2 SUR 2

A l’image des médecins qui pratiquent saignées sur saignées, jusqu’à la mort du patient, les décisions politiques tendent souvent à atténuer les symptômes plutôt que de reconnaître que le meilleur allié d’une société vertueuse est la qualité de son « terrain », de son substrat social. Puisque ces traitements symptomatiques montrent de plus en plus leurs limites et leurs contradictions, le moment semble venu d’une conversion des imaginaires !   

L’histoire : le roi enrhumé

Le roi était souffrant. A vrai dire, souffrant est un bien grand mot :il avait attrapé un mauvais microbe, et avait simplement besoin de repos.

Mais un roi, ça se soigne ! Ils étaient, autour de lui, 7 médecins. Les meilleurs de la cour, disait-on. Pour éviter les querelles, il était convenu qu’ils soigneraient le roi à tour de rôle. Le premier jour, Aldebert, premier médecin, osculta le roi. Il le trouva en plutôt bonne forme, mais il déclara : « son sang est sale, il a besoin d’une saignée »… La saignée fut faite. Le roi s’en trouva affaibli… Le lendemain, le médecin Gontrant osculta le roi à son tour « sa peau est jaunie, c’est d’une saignée dont il a besoin ». Le roi y perdit encore quelques forces. Puis Philibert, Auguste, Gérald, Hugues et Bertrand, trouvèrent à leur tour bon de saigner le roi.

Le 7e jour, le roi mourut. Les médecins dirent qu’ils avaient fait de leur mieux, mais que le cas était vraiment trop grave…

 

L’analyse

Bonjour, chers auditeurs ! Bienvenue dans Fleur de Sel, votre émission hebdomadaire d’écologie intégrale ! Heureux de vous saluer enfin, après ce conte du roi enrhumé.

Alors, dans la dernière émission, nous avons parlé de cette façon qu’ont nos gouvernants de présenter des solutions qui, même si on les croit adaptées au moment où on les pratique, sont au final destructrices, car elles sont bonnes… pour un système mauvais. Un peu comme dans le conte introductif, dans lequel les médecins s’enfoncent toujours plus loin dans l’impasse, jusqu’à tuer leur roi.

La dernière fois, nous en étions restés à la question suivante : peut-il y avoir des alternatives ? Peut-on trouver d’autres voies possibles ? D’autres façons de faire, qui soient cohérentes…

 

Restons donc dans la comparaison avec le domaine médical : les principes de naturopathie peuvent nous éclairer.

En naturopathie, on parle de terrain, ou d’énergie vitale, qui est la capacité d’un organisme à se maintenir en bonne santé.

Si le terrain est bon, l’organisme, capable de se débarrasser des attaques extérieures, reste en bonne santé. Si le terrain est dégradé, l’organisme devient perméable aux agressions.

 

En naturopathie – il n’est pas question ici de donner un avis sur cette pratique – le symptôme est vu comme le signe d’un terrain dégradé. Le symptôme pourra être traité, mais c’est secondaire : tout l’effort sera porté à la restauration du terrain.

Cette restauration implique souvent de profonds changements, car la dégradation du terrain est progressive, au fil des mauvaises habitudes… Il faudra arrêter de fumer, changer son alimentation, s’orienter vers un travail épanouissant, ralentir… un bien long chemin de guérison.

Au final, on pourra remercier le symptôme pour le rôle déclencheur qu’il aura eu dans un processus de guérison profonde.

Au contraire, notre approche habituelle, symptomatique et sectorisée, considère le symptôme comme une fatalité. On le traite, parfois brusquement, pour l’étouffer et vite l’oublier. Ce faisant, on ne se rend pas compte que le traitement, souvent, vient dégrader un peu plus le terrain. On fait un pas de plus dans l’impasse, rendant plus difficile le retour à une situation saine ; rendant plus fantaisiste l’utilisation d’autres méthodes…

 

Il en va de même pour la santé d’une société que pour la santé d’un homme : la notion de terrain existe également.

La phrase de Victor Hugo : « Ouvrez des écoles, vous fermerez des prisons » est particulièrement éclairante. Elle s’oppose à la résignation qui consiste à considérer que les maux sociaux sont des invariants, des événements intrinsèques, propres à la société, et que le seul moyen de les traiter est de les museler.

Elle sous-entend que la délinquance est le symptôme d’un terrain dégradé, qui peut se réparer.

 

Tout cela demande un effort d’imagination, car l’approche symptomatique, fortement ancrée en nous, donne en outre à court terme des résultats qui semblent efficaces (on en parlait dans la dernière émission).

 

Effort d’imagination… Il y a besoin de croire…

 

Croire qu’un fruit peut pousser sans pesticide, qu’une sexualité peut se vivre sans préservatif, qu’un modèle économique peut être pérenne sans détruire la nature, etc.

Croire que tout cela est non seulement possible, mais aussi incontournable.

Croire que tout cela est non seulement possible, mais également souhaitable et heureux.

Croire que tout ça est plus ou moins possible en fonction de la qualité du « terrain ». Qualité qui varie selon le soin qu’on lui porte…

 

Migrations, euthanasie, terrorisme, croissance économique, avortement, … pour nombre de sujets, ne serait-il pas judicieux que le traitement symptomatique, superficiel, résigné, court-termiste et auto-destructeur cède le pas à une approche profonde ? 

 

Cela nous amènerait à la répartition des richesses plutôt qu’à la construction de murs, ou à la mise en place de plans vigipirate, cela nous amènerait à la réflexion sur la hiérarchie entre la dignité humaine et les considérations économiques. Cela nous amènerait, comme le propose Pierre Villard, du mouvement pour la paix à préférer remplacer : « si tu veux la paix, prépare la guerre » par « si tu veux la paix, prépare la paix »…

 

Il n’est pas question de faire croire à une vision idéaliste naïve, un monde dans lequel tout serait parfait, mais d’aller chercher, de manière pragmatique, à la racine des problèmes, le levier de transformation qui soit à la hauteur des enjeux. 

 

S’il ne semble pas y a pas d’alternative au fait de nuire au “terrain”, c’est probablement qu’il y a une faille dans notre raisonnement, et qu’il y a, quelque part, en profondeur, une fausse évidence à détecter. Et… si ça semble impossible, c’est bon signe : c’est qu’on est peut-être sur la bonne voie !

 

La prochaine émission, Arnaud lancera une série de plusieurs émissions intitulées « Laudato si 4 ans après ». Sous entendu, où en est-on ? Et la semaine prochaine, il nous parlera plus particulièrement de l’environnement.

De mon côté, je vous retrouverai en novembre pour parler de Blanche Neige, de ses sept nains, et d’efficacité productive !

Chers auditeurs, à bientôt !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Ecoutez le direct

Radio Fidélité le Direct

 

%d blogueurs aiment cette page :