Fleur de sel : Laudato si quatre ans après : L’environnement

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Laudato si 4 ans après 1 l’environnement

L’encyclique Laudato si a été publiée en juin 2015. Quatre ans sont passés. Ou en sommes-nous ? Nous vous proposons de faire le point en prenant quatre angles de vue, sur quatre chroniques. La situation de notre environnement bien sûr, mais aussi un point sur l’action citoyenne, l’action des pouvoirs publics, enfin les avancées dans l’Eglise.

 

D’abord donc la situation de notre environnement. Le pape écrit que « des symptômes d’un point de rupture semblent s’observer, à cause de la rapidité des changements et de la dégradation, ». Qu’en est-il à ce jour ?

1-  L’encyclique Laudato si a été publiée en juin 2015. Quatre ans sont passés. Ou en sommes-nous ?

Nous vous proposons de faire le point en prenant quatre angles de vue, sur quatre chroniques. La situation de notre environnement bien sûr, mais aussi un point sur l’action citoyenne, l’action des pouvoirs publics, enfin les avancées dans l’Eglise.

 

D’abord donc la situation de notre environnement.

 

Rappelons-nous ce que nous dit le pape dans Laudato si.

  1. Le changement climatique est un problème global aux graves répercussions environnementales, sociales, économiques, distributives ainsi que politiques, et constitue l’un des principaux défis actuels pour l’humanité.
  2. À cause de nous, des milliers d’espèces ne rendront plus gloire à Dieu par leur existence et ne pourront plus nous communiquer leur propre message. Nous n’en avons pas le droit.
  3. des symptômes d’un point de rupture semblent s’observer, à cause de la rapidité des changements et de la dégradation,

 

C’est un défi à prendre au sérieux. La biodiversité n’est pas seulement une ressource à exploiter, qui nous est nécessaire, un environnement esthétique, c’est aussi une Création de Dieu. Les plantes et les animaux sont nos sœurs et nos frères, nous n’avons pas le droit de les faire disparaître.

 

Il y a des avancées, récemment par exemple la reconstitution des stocks d’anchois, ce qui est une bonne nouvelle pour les poissons, pour les pêcheurs du port de La Turballe et pour les consommateurs espagnols. Une autre bonne nouvelle est la reconstitution progressive de la couche d’ozone qui nous protège des ultraviolets, suite à deux accords internationaux, l’accord de Montréal qui interdit les gaz réfrigérants, complète par l’amendement de Kigali qui interdit les gaz de substitution qui avaient été développés. Il faut rester vigilant !

 

Mais il y a aussi des inquiétudes. L’océan continue de se dégrader, l’acidité de l’eau, provoquée par l’absorption de CO2 et les rejet d’azote et de nitrate, a augmenté de 30% depuis la période pré industrielle et continue d’augmenter. Le risque c’est la disparition des coquilles calcaires, donc des moules et huîtres, mais surtout du phytoplancton à coquille calcaire qui produit l’oxygène que nous respirons, et qui est à la base de la chaîne alimentaire des espèces marines.

Le climat aussi, nous avons dépassé une concentration de 405 ppm de CO2 en 2017 dans l’atmosphère. Et chaque année les émissions mondiales augmentent. Le frontière à ne pas dépasser était de 350 ppm… le seuil limite est de 450 ppm, nous y allons à grands pas.

Les sols enfin, nous stérilisons en France environ 60 000 ha par an, soit l’équivalent d’un département tous les dix ans. Que restera-t-il aux espèces sauvages pour vivre ? Rien. Or elles nous sont indispensables. Plus nous prenons de place sur la terre, mois les espèces sauvages en ont pour vivre. Nous occupons 70 % des terres émergées[1], or les scientifiques estimaient en 2013 qu’à  plus de 50 % la biodiversité était en danger. Et pour les sols cultivés, nous perdons 1,5 tonne par ha et par an par l’érosion du fait de pratiques culturales inadaptées.

 

Cette dégradation provoque une diminution importante des espèces sauvages. Dernière information de cet été, 40% des poissons d’eau douce sont en péril, contre 30% en 2010. Et je ne parle pas du reste de la biodiversité.

 

Une des causes de cette dégradation c’est notre consommation d’énergie. En 2018 nous consommons plus d’énergie qu’en 2015 (154,7 Mtep pour 154,5 Mtep, augmentation faible certes, mais augmentation quand même) alors que notre objectif officiel est de consommer deux fois moins d’énergie en 2050.

 

L’écologie intégrale ce n’est pas que les poissons et les oiseaux. Les hommes aussi. Le nombre d’homme qui souffrent de la faim a recommencé à augmenter depuis 2015 alors qu’il diminuait depuis des années. 820 millions de personnes souffrent de la faim en 2018 contre 785 millions en 2015. Cette augmentation serait due aux inégalités qui augmentent partout.

 

Les perspectives son nous continuons ainsi c’est une multiplication des famines et des guerres.

 

Conclusion : on peut dépasser des frontières, comme le taux de CO2, l’acidité des océans ou la part des terres dégradées par l’homme. On peut, je suis tranquillement installé dans un fauteuil pour vous le rappeler, mais cela ne va durer qu’un certain temps, puis nous atteindrons les limites et ce sera l’effondrement. C’est comme pour la conduite d’une voiture, vous pouvez dépasser la limite de vitesse et continuer à accélérer, mais au bout d’un moment vous allez verser dans le fossé ou rentrer dans un arbre. Nous sommes dans la même situation.

Pour la biodiversité c’est un peu différent, l’analogie serait celle d’un château de cartes. Si vous faites un château de cartes, puis que vous enlevez la première rangée, que se passe-t-il ? Tout la château s’effondre. Le phytoplancton c’est la base de la chaine alimentaire dans les océans. Supprimons-le et tout disparaitra.

 

Mais ce ne sont pas les faits, que j’ai présentés, qui doivent nous dicter notre conduite. On ne peut pas déduire une politique de fait, sinon c’est la perte de notre liberté. Une politique c’est un choix, libre, de vivre en paix avec soi-même et avec la nature (pape François). Sinon c’est la porte ouverte à une inflation de règlements et c’est la perte de notre liberté ( Jacques Ellul).

[1] Source Rapport spécial du GIEC, août 2019

 

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