Fleur de sel : Laudato si 4 ans après : les citoyens

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Laudato si 4 ans après 2

Le deuxième sujet de notre série sur Laudato si 4 ans après, l’action citoyenne. Où en sommes-nous chacun dans cette conversion écologique à laquelle le pape nous a appelés ? Le pape dénonce « une écologie superficielle apparente [qui] se développe, qui consolide un certain assoupissement et une joyeuse irresponsabilité ». Les consommateurs de bio augmentent, mais la consommation de carburant et les voyages en avion aussi…

Le deuxième sujet est l’action citoyenne. Où en sommes nous chacun dans cette conversion écologique à laquelle le pape nous a appelés ? il nous dit en effet :

  1. La spiritualité chré­tienne propose une croissance par la sobriété, et une capacité de jouir avec peu.

179 l’instance locale peut faire la différence alors que l’ordre mondial existant se révèle incapable de prendre ses responsabilités.

  1. En même temps, une écologie superficielle apparente se développe, qui consolide un certain assoupissement et une joyeuse irresponsabilité.

 

La sobriété, c’est désormais un appel à tous pas seulement aux saints. Nous consommons trois fois plus que la biosphère ne peut le supporter.

L’action locale peut faire la différence, le pape compte sur la mobilisation de la base, moins sur les politiques, qui sont indispensables mais n’agissent que sous la pression.

Enfin, j’aime beaucoup cette formule d’écologie superficielle, celle des petits gestes nécessaires mais qui donnent bonne conscience à peu de frais, et du green washing, et c’est quoi le contraire de l’écologie superficielle ? L’écologie profonde (Arne Naess). Alors où en sommes-nous ?

 

Il y a des avancées. Le nombre de consommateurs réguliers de produits bio[1] a augmenté et atteint 71 % du nombre total de consommateurs 65% en 2015).

Les AMAP, les cafés repair, les monnaies locales, éco villages… sont des exemples d’initiatives citoyennes qui transforment la vie quotidienne.

Des institutions décident de retirer leurs fonds des banques qui financent des énergies fossiles, mais surtout à l’étranger : universités catholiques aux Etats Unis, National Trust en Grande Bretagne, plusieurs fonds de pension de villes de la région de Hesse en Allemagne… C’est une initiative soutenue par 350.org, chacun peut y contribuer.

L’accueil des migrants est pris en charge par de nombreuses associations comme Welcome, Cimade…

 

Mais il y aussi des reculs. La consommation de viande augmente en France depuis 2016, après une période de diminution. Elle était de 49 kg par an[2] (135 g/jour) en 2016 mais elle ré augmente depuis[3]. L’objectif proposé par le dernier rapport du Giec est de 26 kg de viande/an.

La consommation de carburant auto[4] a augmenté depuis 2014,

Le trafic aérien[5] également, il est de 172 millions de passagers en 2018 pour 149 millions passagers et en 2014.

Enfin la consommation énergétique du numérique[6]  augmente de + 9 % par an, dont les vidéos regardées en streaming qui représentent 80% des flux de données. Le numérique émet 4 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Un data center consomme autant qu’une ville de 40 000 habitants.

Dans les éco quartier les habitants profitent de la diminution de leur consommation de chauffage pour acheter des plus grosses voitures ou faire des voyages en avion[7]… la technique n’est pas la solution, la motivation est première.

 

 

Au total un Français émet en moyenne 11 T de gaz à effet de serre par an dont 4,8 pour l’énergie. Pour maintenir le climat en état stable il ne faut pas dépasser 2 tonnes.

 

Quelles conclusions tirer de ce tableau ?

1/ Nous modifions nos pratiques quand nous nous sentons directement concernés. Une alimentation bio est meilleure pour la santé, l’adhésion est importante. Nous essayons plus souvent de réparer les objets domestiques quand c’est possible, et pas trop cher.

Mais si l’intérêt est plus lointain la motivation disparaît. Il n’y a pas de mobilisation large au-delà des intérêts directement perceptibles. Or la dégradation de l’environnement n’est pas directement perceptible, en tous cas pas encore, sauf sur le pare-brise sur lequel de moins en moins d’insectes s’écrasent.

 

2/ Les initiatives locales sont intéressantes mais pas à l’échelle de l’enjeu. Mais le territoire est peut-être le nouveau lieu de mobilisation et de lutte, de concrétisation des enjeux par la synthèse qu’il permet.

 

3/Il me semble que nous pouvons néanmoins retenir :

  • L’objectif d’une alimentation plus tournée vers le végétal, retenons l’objectif de 25 kg de viande par an,
  • Un objectif de sobriété numérique, pas d’envoi de photos et vidéos à tout bout de champ avec notre téléphone mobile si nous en avons un, éviter de regarder des vidéos sur Youtube, pas d’abonnement à des chaînes de vidéos à la demande (Netflix),
  • Réduire nos déplacements, je sais que cela ouvre plein de débats, mais la réduction des émissions des transport viendra d’abord de la réduction des km parcourus,
  • Retirer notre argent et celui des institutions sur lesquelles nous pouvons agir des banques finançant les énergies fossiles.

 

4/Et tenter de mesurer notre consommation d’énergie chaque année, avec l’objectif diminuer. C’est un premier pas vers la sobriété, et sans mesurer on ne peut pas évaluer. On peut mesurer au moins notre consommation d’électricité, chauffage et déplacements. Cela suppose de savoir faire des conversions d’unités entre kW et calorie mais c’est possible.

30 septembre 2019

28 octobre 2019

[1] Source agence bio

[2] Source Credoc

[3] https://www.franceagrimer.fr/Stockage-Actualites/Lait/2019/Les-marches-des-produits-laitiers-carnes-et-avicoles-bilan-2018-perspectives-2019

[4] Elle est passé de 49,9 Mds de m3 en 2014 à 51 Mds m3 en 2017
https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/memento-de-statistiques-des-transports-2017

[5] 401 milliards de passagers km et 352 milliards passagers km https://www.ecologique-solidaire.gouv.fr/sites/default/files/bulletin_stat_trafic_aerien_2018.pdf

[6] https://theshiftproject.org/wp-content/uploads/2019/07/R%C3%A9sum%C3%A9-aux-d%C3%A9cideurs_FR_Linsoutenable-usage-de-la-vid%C3%A9o-en-ligne.pdf

[7] Source Philippe Bourg, Président d’un groupe de travail sur les éco quartiers pour le Ministère de l’environnement, 2019

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