Fleur de sel : Laudato si 4 ans après : l’Eglise

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Le pape appelle l’Eglise à éduquer à « une austérité responsable, à la contemplation reconnaissante du monde, à la protection de la fragilité des pauvres et de l’environnement ». Il y a les paroisses vertes, des délégués diocésains à l’écologie, des conférences… des chrétiens s’efforcent de changer leur mode de vie, mais comment agissons nous pour changer de modèle de développement comme nous y sommes appelés ?

Laudato si 4 ans après 4 L Eglise

Nous n’avons trouvé qu’un passage de Laudato si s’adressant spécifiquement à l’Eglise, cette encyclique s’adresse en effet à tous les hommes de la Terre. Voici ce qu’il écrit :

 

  1. Un effort de sensibilisation de la population incombe à la politique et aux diverses associations. À l’Église également.

Toutes les communautés chrétiennes ont un rôle important à jouer dans cette éducation.

J’espère aussi que dans nos séminaires et maisons religieuses de formation, on éduque à une austérité responsable, à la contemplation reconnaissante du monde, à la protection de la fragilité des pauvres et de l’environnement.

 

L’Eglise s’est mise en mouvement. On compte 285 paroisses, écoles ou centres spirituels adhérents à la démarche Eglise vertes lancée il y a deux ans. Un tiers des diocèses ont un délégué à l’écologie (officiel ou non). Les conférences sur le sujet se multiplient en France et de par le monde, en Italie, aux Etats-Unis, aux Philippines, mais il n’y a pas, en France, de soutien clair de l’institution.

Les paroisses et communautés engagées dans la démarche Eglise verte abordent cinq thèmes :

  • Célébration et catéchèse
  • Bâtiments
  • Terrains
  • Engagement local et global
  • Modes de vie

 

Une initiative intéressante qui fait le lien avec le sujet précédent sur la politique : l’université de l’écologie intégrale réunie à Dourdan fin août était à l’initiative de l’APA (Jean Vanier, L’Arche), de la revue Limite et du Ceras. Un mélange étonnant, très intéressant, qui illustre la possibilité de changer de boussole.

 

Concernant la formation, le service formation du diocèse de Nantes propose chaque année un cycle de formation sur Laudato si, des paroisses organisent des groupes de travail sur le sujet. Il y a une eu une année un groupe pour la formation continue des prêtres et nous attendons des nouvelles du séminaire sur la formation des futurs prêtres…

 

La mobilisation des chrétiens porte surtout sur les modes de vie et la consommation avec l’appel à une vie sobre, et c’est important. Mais elle touche peu le modèle de production. Pourtant, le Pape appelle à plusieurs reprises dans Laudato si à « remettre en question les modèles de développement, de production et de consommation. » 138. Pas que la consommation, la production aussi.

 

Mais comment définir ce nouveau modèle de production ? je vous propose trois dimensions :

  • Une production sans énergie fossile,
  • Un process de production moins rapide : LS 191 « nous devons nous convaincre que ralentir un rythme déterminé de production et de consommation peut donner lieu à d’autres formes de progrès et de développement. » C’est-à-dire la décroissance, puisque produire moins vite c’est diminuer la productivité,
  • Un système dont le point de départ et d’arrivée n’est pas le capital mais la production de biens ou de services, où le capital n’est pas un objectif mais un moyen.

 

Pour conclure cette série de quatre chroniques, si elles vont ont plombé le moral, si vous n’avez plus d’espoir, il nous reste l’espérance. Il ne faut pas confondre, l’espoir relève du domaine du possible, et, vous l’aurez compris, l’action réelle contre le réchauffement climatique et l’effondrement de la biodiversité s’éloigne de plus en plus. Mais l’espérance, qui est du domaine de l’impossible puisqu’elle dépend non des hommes mais de Dieu, demeure. Ce qui ne doit pas nous empêcher de nous mobiliser. Comme le disait Maxime de Hevenensi, un jésuite du XVe siècle, Agis comme si tout dépendait de toi, et comme si tout résultat ne dépendait que de Dieu. Ou de manière plus bucolique, citons cette réflexion attribuée à Luther : même si je savais que le monde devait disparaître demain, je planterais un pommier. Plantons des arbres !

 

 

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