Chronique que choisir : muesli industriel décevant

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Parmi les produits pour le petit déjeuner, les céréales paraissent simples et plutôt saines, en particulier les mueslis. Mais ce sont d’abord des aliments industriels. Certains sont franchement critiquables dans leur composition.

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Le muesli aurait été inventé par un médecin suisse, à partir d’une recette de montagnards : des flocons d’avoine, des noix, des tranches de pommes séchées. Mais 100 ans après, c’est l’industrie agro-alimentaire qui a bien transformé la recette, avec beaucoup de sel, de sucres, et d’additifs plus ou moins désirables. Une composition plus très simple, selon la liste d’ingrédients, et plus très saine, selon les essais en laboratoire. Beaucoup de muesli contiennent du sirop de glucose et du malt d’orge. Ces additifs sont des composants “ultratransformés”, c’est-à-dire résultant de fractionnements successifs à partir d’une masse de blé ou d’orge. Ces matières technologiques présentent des propriétés très appréciables pour les industriels. Ce sont des produits texturants, hydratants, ou stabilisants, qui ne coûtent pas cher.

Mais les molécules issues de ces transformations successives par fractionnement sont devenues très artificielles, leur pouvoir sucrant est non négligeable, et on maîtrise mal leur intérêt nutritionnel. Certains mueslis sont enrichis en fibres. On se demande pourquoi, puisque les céréales complètes et les fruits secs qui les composent sont déjà naturellement riches en fibres. Des fabricants ajoutent de l’inuline, issue de la chicorée, mais cet ingrédient est controversé, certaines études le soupçonnant d’effets cancérogènes. C’est cher payer pour augmenter artificiellement la dose de fibres, alors que cette proportion est suffisante à l’état naturel dans la plupart des mueslis.

Les fruits secs contenus dans les céréales de type muesli méritent aussi l’attention de l’acheteur. La liste d’ingrédients montre souvent que ces fruits ne sont pas du tout à l’état naturel. Ainsi, on trouve du concentré de purée d’abricot ou de pomme, du concentré de jus de citron, de la pectine et de la glycérine… Autant de composants très transformés, bien loin de la recette des montagnards suisses.

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