Chronique que choisir : Automobile: les pièces détachées génériques

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Le marché des pièces détachées dans l’automobile est enfin libéralisé en France. L’UFC-Que Choisir réclamait cette mesure depuis près de 10 ans. Mais les constructeurs français ont protégé longtemps leur pactole.

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La France est le pays d’Europe où les pièces détachées automobile sont les plus chères. Ces pièces sont protégées par le droit de propriété industrielle des constructeurs (les dessins et modèles), un peu comme des œuvres d’art. Cette exclusivité des constructeurs en automobile empêchait normalement les équipementiers de vendre des pièces de carrosserie ou d’optique, sous une marque générique. Cette protection, assez peu compréhensible dans le marché européen, avait surtout pour effet d’augmenter considérablement les prix de vente, puisqu’elle interdisait la concurrence. Désormais, la loi française autorise la fabrication et la vente de pièces de vitrage (rétroviseurs, phares, vitres) par d’autres que les constructeurs ou les équipementiers sous licence constructeur. Il en sera de même en 2021 pour les pièces de carrosserie.

Pour les autres pièces mécaniques, la protection par le droit de propriété industrielle est abrégée, de 25 à 10 ans. Ces nouvelles mesures devraient alléger le coût des réparations pour les automobilistes. En réalité, ce sont surtout les assureurs qui vont en profiter d’abord, puisqu’ils financent une part très importante des remplacements de pièces visibles, suite à sinistre. Il n’est pas certain du tout que cela se traduise par une réduction des primes d’assurance pour les particuliers. Il est probable aussi que les professionnels de la réparation automobile vont se procurer des pièces à prix plus bas, en conservant une bonne partie de la marge. Ne rêvons pas : les consommateurs ont déjà vécu cette déception avec la baisse de la TVA dans la restauration.

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