Fleur de sel : Menaces sur les océans

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La température des océans va augmenter de 1 à 3° d’ici la fin du siècle. C’est bien pour les baignades, mais beaucoup moins pour ceux qui habitent  sur la côte. Avec une augmentation du niveau de la mer de 40 à 80 cm d’ici la fin du siècle, nombreux sont ceux qui devront déménager. Et l’augmentation de l’acidité des océans met en péril une grande partie des animaux marins.

Menaces sur les oceans

Le dernier rapport du GIEC de septembre 2019 porte sur les océans, qui sont un élément majeur de notre système climatique. L’océan on connaît en Loire-Atlantique, et nous pensons en particulier à nos auditeurs de St Nazaire, Pornic, Pornichet, La Baule, Guérande… Nous allons essayer d’en résumer quelques points.

Rappelons d’abord que les hypothèses avancées ici le sont en fonction de trois scénarios, l’un optimiste où l’on arrêterait rapidement de brûler les énergies fossiles, l’autre pessimiste selon lequel on continue comme actuellement à les brûler, et un scénario intermédiaire. Le scénario optimiste implique une politique de réduction des émissions susceptibles de limiter le réchauffement planétaire à 2°C. Les émissions de gaz à effet de serre devraient diminuer dès cette année et arriver à zéro vers 2080. La consommation d’hydrocarbures diminuerait à partir de 2025.

La situation actuelle correspond au scénario le plus pessimiste : les émissions de gaz à effet de serre augmentent chaque année, en dépit des engagements pris, la consommation d’énergie aussi. Aucun engagement sérieux n’a été pris par les pays industrialisés ni lors du sommet climat convoqué par l’ONU fin septembre ni à la COP 25 de Madrid au mois de décembre.

Les résultats des modèles montrent que la température de surface des océans augmenterait en 2100 d’un peu moins de 1°C (scénario optimiste) à 3°C (scénario pessimiste). Vous me direz que 3°C c’est super pour aller se baigner. Oui mais… il y a d’autres conséquences.

L’océan absorbe 90 % de la chaleur que nous produisons en plus, il se réchauffe donc, mais ce réchauffement augment le volume de l’eau, comme lorsqu’on fait chauffer l’eau dans une casserole. Ceci produirait une augmentation du niveau de la mer de 13 cm en 2100 (scénario optimiste) à 30 cm (scénario pessimiste). De quoi dégrader fortement les côtes, comme on l’observe déjà.

30 cm, c’est gérable me direz-vous. Attention, les effets sont d’abord horizontaux, c’est le recul de la côte, l’érosion des dunes, des plages, des côtes rocheuses, du trait de côte comme on l’appelle. Vous en avez sans doute déjà observé les effets en vous promenant sur les sentiers côtiers.

Mais la température n’est que l’une des causes de l’augmentation du volume des océans. Il faut aussi prendre en compte la fonte des banquises du pôle nord, du Groenland et du pôle sud, et celle des glaciers terrestres. Au total le niveau des océans augmenterait non pas de 30 cm mais de 40 à 80 cm à l’horizon 2100, et de 90 cm à 3,5 m à l’horizon 2300. En effet le réchauffement une fois enclenché, on aura du mal à l’arrêter.

 

Ceci dit, l’augmentation du niveau de la mer ne sera pas le même selon les régions du globe. Elle serait nettement plus élevé sur la côte Est des États-Unis (New York et la Floride) avec une augmentation de 70 cm en 2050 et plus d’un mètre en 2100, qu’en Europe où l’augmentation serait de l’ordre de 30 à 40 cm en 2050 et 60 à 80 com en 2100.

La chaleur, mais aussi les produits chimiques que nous déversons dans les océans, provoquent une augmentation de son acidité, ont des effets sur les animaux marins à coquille calcaire, et sur la quantité d’oxygène de l’eau, qui pourrait diminuer de 1% à 4%. De ce fait, température, acidité, oxygène, les animaux marins qui le peuvent vont migrer vers des eaux plus froides et plus adaptées pour eux. Chez votre poissonnier, vous trouvez déjà des espèces rares autrefois mais qui remontent du sud, qui fuient le sud.

Migrations mais aussi baisse du stock de poissons dans nos zones dites tempérées qui vont devenir plus chaudes. Le stock de poissons pouvant être pêché va diminuer en Europe occidentale de l’ordre de 20 % à 30 % en 2100. Et le potentiel de pêche augmentera autour du Groenland et du pôle nord en été, quand la banquise sera fondue. Il y aura encore du poisson mais le prix ne sera pas le même.

Tout ça sans parler de la diminution du phytoplancton, base de tous les écosystémes marins et principal producteur d’oxygène, diminution déjà très inquiétante et qu’on sait mal estimer en cas de scénario pessimiste.

Tout ceci est peu réjouissant, que peut-on faire ? comme nous le disons régulièrement dans cette chronique, réduire dès maintenant, et de façon importante, notre consommation d’énergie dans les transports (moins se déplacer), le logement (mettre un pull), l’alimentation (pas de produits hors saison, le moins possible de produits importés…), les communications électroniques et YouTube etc. L’avenir n’est pas écrit, il est ce que nous en ferons. Que ferons-nous ?

Source IPCC SR Ocean and Cryosphere, Chapter 4: Sea Level Rise and Implications for Low Lying Islands, Coasts and Communities
https://www.ipcc.ch/srocc/download-report/

 

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