Chronique que choisir : la fausse électricité verte

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La mode est aux énergies renouvelables, et l’électricité “verte” à la cote, au moins dans les publicités des fournisseurs. Mais leur présentation est souvent trompeuse.

Chronique que choisir_La fausse electricité verte_02042020

Tous les fournisseurs d’énergie affichent leur vertu écologique en proposant de l’électricité “verte”. Mais l’électricité qui vient du compteur est la même pour tous, puisqu’ENEDIS est le principal et presqu’unique distributeur en France. On ne peut donc pas distinguer un électron vert d’un électron nucléaire. En réalité, pour vendre de l’électricité “verte”, il suffit au fournisseur d’acheter sur le marché des attestations d’énergie renouvelable, auprès de producteurs hydrauliques, photovoltaïques, ou éoliens. Mais ces attestations ne sont pas toutes au même prix : l’hydraulique est amorti depuis longtemps, et coûte moins d’un euro le mégawatt (MW). Cela suffit pour transformer une électricité nucléaire en 100 % verte. C’est ce que pratiquent les grands fournisseurs, comme EDF, ENGIE, TOTAL, ou CASINO.

Pourtant, l’électricité hydraulique ne participe pas du tout au développement des énergies renouvelables que sont le photovoltaïque et l’éolien. D’autres fournisseurs jouent vraiment le jeu du renouvelable, en achetant de l’électricité solaire, biomasse, éolien ou autre. Cette démarche offre des débouchés aux petits producteurs locaux d’électricité non fossile. C’est le cas des fournisseurs ENERCOOP ou EKWATEUR qui paient jusqu’à 60 € le MW à des producteurs sociétaires, en contrat direct. Les garanties d’origine sont incluses dans ces achats, au lieu de servir d’alibi vert avec des attestations issues du marché européen.

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