Culte Protestant du Dimanche 17 Mai

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L’Eglise Protestante Unie de Loire Atlantique (EPULA) se réunie autour de la Pasteure Caroline Schrumpf.

CULTE PROTESTANT-170520

Voici sa Prédication:

« Sur le chemin »

Du Psaume 130 : du fond de la détresse, je t’appelle au secours, Seigneur. Écoute mon appel, sois attentif quand je te supplie. Si tu voulais épier nos fautes, Seigneur, qui pourrait survivre ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, c’est pourquoi tu dois être respecté. De toute mon âme, je compte sur le Seigneur, et je m’attends à sa parole. Je compte sur le Seigneur plus qu’un garde n’attend le matin ; oui, plus qu’un garde n’attend le matin. Peuple de Dieu, compte sur le Seigneur, car il est bon, il a mille moyens de te délivrer. C’est lui qui te délivrera de toutes tes fautes. Luc 24 13 Ce même jour, deux disciples se rendaient à un village appelé Emmaüs, qui se trouvait à environ deux heures de marche de Jérusalem. 14 Ils parlaient de tout ce qui s’était passé. 15 Pendant qu’ils parlaient et discutaient, Jésus lui même s’approcha et fit route avec eux. Ce matin, après 55 jours de confinement et quelques jours d’un peu de liberté retrouvée, beaucoup d’entre nous sont impatients de pouvoir à nouveau sortir, à nouveau marcher dans la nature, en foret ou au bord de la mer, sur la plage, les pieds dans le sable. En tout cas, c’est une réalité que nous avons la chance de vivre ici dans l’Ouest de la France. Pouvoir à nouveau sentir le vent dans nos cheveux, et sur le visage la chaleur du soleil ou des gouttes de pluie. Cela paraît tellement une évidence quand on pense à la vie d’avant, mais aujourd’hui, c’est une évidence que nous avons un peu oubliée. Une promenade toute simple nous enchante… et nous fait un peu peur aussi d’ailleurs. Mais j’ai remarqué en échangeant avec plusieurs d’entre vous, en écoutant, en lisant sur les réseaux sociaux, combien durant cette pandémie, nous avons tellement intégré la notion de menace, de danger extérieur et le besoin de protection, qu’il nous est difficile de sortir, d’envisager d’aller dehors. Pourtant c’est bien cela la vie qui nous attend, qui nous invite – ce n’est pas rester à l’intérieur, certes à l’abri mais seul. (ce qui ne veut pas dire ne pas respecter les mesures sanitaires bien sûr !!) Ce matin, en résonance avec ce que nous sommes en train de vivre, que nous soyons en zone verte ou en zone rouge, je voudrais vous proposer une méditation avec le psaume 130. Comme souvent dans les psaumes, ce psaume 130 se présente comme un chemin en 4 étapes, peut-être comme ce que pourrait être notre chemin. 1) Ce psaume commence par un cri et un appel à l’aide. Souvent, dans notre vie, nous nous tournons vers Dieu quand tout s’écroule, quand nous perdons pied, quand ce que nous avions prévu déraille. Quand nous sommes fragilisés par la souffrance, par les épreuves, par la peur, par une déception, par un échec. Alors nous prenons subitement conscience de ce que nous ne voulions pas voir avant, nos limites, notre incapacité à nous relever par nos propres forces. On entend parfois dire que se tourner vers Dieu, chercher la foi c’est une béquille pour les faibles, pour les fragiles, pour ceux qui ne savent pas s’en sortir tous seuls. C’est vrai, on peut voir les choses comme ça… mais ne pourrait-on pas considérer aussi qu’il y a, dans ce besoin de se tourner vers Dieu, vers une force qui nous dépasse, une certaine lucidité sur nous-même, une certaine humilité assumée ? 2) Dans une 2e étape du chemin de ce psaume, celui qui écrit reconnaît en Dieu la source du pardon, et donc de la vie, d’un recommencement possible quand il y a une faute, une erreur de parcours. Le pardon c’est ce qui permet de retrouver la capacité et le goût de vivre, pour soi ou pour les autres. C’est ce qui permet de se remettre debout. Le comédien Michael Lonsdale que nous avons eu la chance d’accueillir plusieurs fois ici à Nantes, dit souvent : le pardon le plus difficile, c’est le pardon que l’on se donne à soi-même. Pardonner à l’autre, et recevoir pour soi aussi le pardon, c’est ce qui permet de retrouver la paix, de continuer la route, de ne pas rester écrasé par un fardeau trop lourd, par le poids du passé, de nos regrets, de nos remords, ou de nos blessures. En tant que chrétiens, nous croyons que ce pardon ne vient pas de nous, de nos propres forces, parce que la encore, on toucherait vite à nos limites. Ce pardon trouve sa source dans le pardon de Dieu, dans la main tendue de Dieu vers nous, symbolisée derrière moi par cette croix vide sur la table, et sur le mur. Cette croix sur laquelle Jésus meurt à notre place, cette croix qui rappelle que la mort n’a pu le retenir. 3) Après le cri, et le pardon, la 3e étape du chemin, c’est une parole d’espoir, une parole de confiance qui jaillit, qui n’est plus une prière adressée à Dieu mais une véritable confession de foi : « De toute mon âme je compte sur le Seigneur ». C’est la raison pour laquelle tout à l’heure nous allons proclamer ensemble nous aussi une confession de foi. 4) Et enfin, c’est la 4e étape du psaume, il y a tout à coup une parole qui s’élargit, qui se tourne vers les autres, vers le peuple de Dieu, peut-être aussi vers nous tous. Compte sur le Seigneur car il est bon… Le psaume était jusqu’àlors un face à face entre l’homme et son Dieu, et la il devient une parole qui s’ouvre sur le monde, un témoignage de foi et un encouragement. Le face à face avec Dieu nous amène à prendre notre place au milieu des autres, elle ne devrait pas nous isoler. Comme le disait mon professeur de théologie Laurent Gagnebin, « joindre les mains, c’est rejoindre les autres ». Ce psaume qui a commencé par un appel au secours se termine par une interpellation et une invitation à compter sur la bonté de Dieu et sur son désir de nous délivrer. Une parole qui m’a toujours touchée dans ce psaume, c’est la fin : Il a mille moyens de te délivrer. Mille dans la Bible, cela veut dire une multitude, quelque chose qu’on ne peut pas dénombrer. Le Seigneur a des moyens inombrables pour nous rejoindre, pour nous parler, pour se rendre proche de nous. Il s’adapte à chacun de nous. Il nous parle dans un langage que nous pouvons comprendre, le langage de notre cœur. Pour moi, ce psaume représente le chemin de tout homme, de toute femme qui se tourne vers Dieu. C’est pourquoi nous avons relu aussi tout à l’heure les premières phrases du récit de la rencontre des disciples avec Jésus ressuscité sur le chemin d’Emmaüs. Bien sur l’histoire pour eux ne s’arrête pas sur le chemin, mais ce qu’ils vivent en chemin avec Jésus fait écho au Psaume. La aussi tout commence dans la détresse, la tristesse et la déception. Et Jésus vient cheminer avec eux… (si vous ne connaissez pas cette histoire, je vous invite à la lire à la fin de l’évangile de Luc). Ce psaume 130, ces quelques lignes de l’Evangile de Luc sont une image de nous, de notre vie, de notre relation avec Dieu, avec ses différentes étapes entre lesquels nous pouvons naviguer, faire des aller-retours. Cette marche n’est pas linéaire, elle ressemble plus à un petit sentier de montagne qu’à une autoroute bien droite. Ce chemin nous entraîne d’étape en étape vers une relation toujours plus profonde avec Dieu. L’image de la vie comme un chemin à parcourir est une image un peu « bateau » c’est vrai, mais c’est sans doute parce qu’elle dit une vérité si profonde de notre expérience humaine. Sur ce chemin avec Dieu, nous en sommes à des étapes différentes, chacune et chacun de nous. Peut-être même que pour certains, nous ne sommes pas encore sur le chemin et nous ne savons pas vraiment si nous voulons y marcher. Ou peut être que nous y marchons depuis longtemps, et nous avons ralenti le pas, nous avons un peu perdu la joie de marcher… je voudrais finir avec une question et un petit conte pour nous encourager sur le chemin. Une question pour chacun de nous : où suis-je sur ce chemin ? À quelle étape de ma vie, de ma relation avec Dieu ? Vers quelle étape suivante ai-je besoin d’avancer ? Comment Le Seigneur vient-il me rejoindre la ou je suis ? pour terminer, je vous raconte l’histoire de la petite cruche fêlée. Elle se lamentait de ne pas être comme l’autre cruche du porteur d’eau, qui était belle et sans la moindre fissure. Un jour, la cruche fêlée avoue à son maitre le porteur d’eau qu’elle se sent inutile et incapable, puisqu’elle perd la moitié de son chargement d’eau en route. Alors le porteur lui dit : « N’as-tu pas vu ces fleurs qui ont poussé le long du chemin, de ton côté ? J’ai toujours su que tu étais fêlée. C’est pourquoi j’ai semé des graines. Tu les as arrosées chaque jour. Et aujourd’hui, des fleurs ont poussé et enchantent les yeux des promeneurs. C’est grâce à toi ».
Compte sur le Seigneur, car il est bon, il a mille moyens de te délivrer. Amen

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