Chronique que choisir : Label “sans pesticide” : méfiance

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Des fruits et légumes sont apparus en rayons avec des mentions “sans pesticides”, dont l’UFC-Que Choisir a dénoncé le caractère trompeur. Ces procédés de grandes marques font croire à des produits “presque bio”, à moindre prix, mais sans garantie véritable.

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Les marques BONDUELLE pour le maïs, ou SAVÉOL pour les tomates, commercialisent de plus en plus sous emballages affichant une sorte de cachet “sans résidu de pesticides”, ou encore “cultivé sans pesticides”. Ces mentions suggèrent au client que ces fruits et légumes sont plus sains que d’autres produits non bio. En réalité, les contrôles effectués par l’administration montrent que plus du tiers de ces produits contiennent bien des traces de pesticides, à des doses nettement décelables (supérieures à la “limite de quantification”, selon l’expression réglementaire). Or, la moitié des fruits et légumes sans label bio commercialisés en France ne présentent pas de traces de pesticides quantifiables. Ainsi, la mention “sans résidu de pesticides” serait une double tromperie : parce qu’elle est mensongère pour une partie non négligeable de ces produits, et parce que la plupart des fruits et légumes non bio ne contiennent pas de résidus quantifiables de pesticides.

En outre, vendre un produit “sans résidu”, ou “récolté sans pesticide” est aussi vrai pour des produits cultivés aux pesticides, ou avec des intrants qui laissent peu ou pas de traces, comme l’agrochimie en propose. Certains réseaux d’agriculteurs qui veulent valoriser de nouvelles appellations non contrôlées ont protesté, comme le collectif “Nouveaux champs”. Mais les garanties présentées par ces démarches nouvelles sont très inégales. Le label “Demain la terre” interdit les pesticides dans tout le processus de culture, tandis que l’alliance “Nature et Saveurs” l’admet jusqu’à la floraison. Ces approximations ne sont pas très convaincantes, et ne faciliteront pas l’amélioration de la confiance des consommateurs.

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