Fleur De Sel : Laudato Si 13 14 a 15 Mon appel

Fleur de sel Société
Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous.

Laudato si 13 14 a 15 Mon appel 131020

Cette encyclique sur la crise écologique qui nous appelle à une prise de conscience urgente mais aussi à ne pas perdre espoir. C’est ce que nous disent les paragraphes 13 et 14 que le pape a intitulés «  mon appel « en forme de conclusion à son introduction. Nous les lisons :

  1. Le défi urgent de sauvegarder notre maison commune inclut la préoccupation d’unir toute la famille humaine dans la recherche d’un développement durable et intégral, car nous savons que les choses peuvent (encore) changer. Le Créateur ne nous abandonne pas, jamais il ne fait marche arrière dans son projet d’amour, il ne se repent pas de nous avoir créés. L’humanité possède encore la capacité de collaborer pour construire notre maison commune. Je souhaite saluer, encourager et remercier tous ceux qui, dans les secteurs les plus variés de l’activité humaine, travaillent pour assurer la sauvegarde de la maison que nous partageons. Ceux qui luttent avec vigueur pour affronter les conséquences dramatiques de la dégradation de l’environnement sur la vie des plus pauvres dans le monde, méritent une gratitude spéciale. Les jeunes nous réclament un changement. Ils se demandent comment il est possible de prétendre construire un avenir meilleur sans penser à la crise de l’environnement et aux souffrances des exclus.
  2. J’adresse une invitation urgente à un nouveau dialogue sur la façon dont nous construisons l’avenir de la planète. Nous avons besoin d’une conversion qui nous unisse tous, parce que le défi environnemental que nous vivons, et ses racines humaines, nous concernent et nous touchent tous. Le mouvement écologique mondial a déjà parcouru un long chemin, digne d’appréciation, et il a généré de nombreuses associations citoyennes qui ont aidé à la prise de conscience. Malheureusement, beaucoup d’efforts pour chercher des solutions concrètes à la crise environnementale échouent souvent, non seulement à cause de l’opposition des puissants, mais aussi par manque d’intérêt de la part des autres. Les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, vont de la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile, ou la confiance aveugle dans les solutions techniques. Il nous faut une nouvelle solidarité universelle. Comme l’ont affirmé les Évêques d’Afrique du Sud, « les talents et l’implication de tous sont nécessaires pour réparer les dommages causés par les abus humains à l’encontre de la création de Dieu ».22 Tous, nous pouvons collaborer comme instruments de Dieu pour la sauvegarde de la création, chacun selon sa culture, son expérience, ses initiatives et ses capacités.

Un appel urgent donc face à un défi qui nous dépasse mais face auquel nous ne devons pas nous sentir abandonnés, nous avons encore la possibilité d’enrayer les catastrophes que nous avons provoquées si nous collaborons dans un contexte devenu international. Il nous faut, nous dit le pape, une nouvelle solidarité universelle. Et pour nous chrétiens c’est un appel urgent à une conversion. Une conversion, pas une transition, mot qui n’est jamais employé dans l’encyclique. La transition telle que est engagée consiste à ajouter, comme dans le domaine énergétique, de nouvelles sources d’énergie aux anciennes. La conversion c’est un demi-tour, aller dans un autre sens, pas continuer plus ou moins comme avant. Changer nos comportements en profondeur c’est prendre conscience de ce qui dans notre mode de vie personnel et collectif, de façon insidieuse parce que forgé par le poids des habitudes, entrave les solutions.

 

“Les attitudes qui obstruent les chemins de solutions, même parmi les croyants, nous dit le pape, vont de la négation du problème jusqu’à l’indifférence, la résignation facile, ou la confiance aveugle dans les solutions techniques.” Analysons ces quatre comportements.

 

Ceux qui nient sont souvent des climato sceptiques qui considèrent que le réchauffement climatique n’est pas causé par l’homme, ou n’est pas si grave qu’on veut nous le faire croire.

L’indifférence est une attitude qui a souvent été rencontrée avant que les signaux d’alerte ne se multiplient. Cela ne nous concerne pas ou nous avons des préoccupations plus urgentes. C’est pour dans longtemps et tant pis pour les générations futures.

La résignation accompagne souvent la prise de conscience. Les indifférents peuvent devenir des résignés devant l’ampleur de la catastrophe. On n’y peut rien, c’est la faute des autres, les Chinois, les Américains. Que peut-on faire d’utile à notre petit niveau alors que les principaux pollueurs et destructeurs du climat et de la biodiversité ne font rien, ou si peu. Comme le disait Jacques Ellul, ce grand sociologue et théologien protestant, c’est la désespérance qui est facile, c’est l’espérance qui est difficile.

Faire une confiance aveugle dans la technique enfin est une attitude souvent rencontrée. Elle consiste à croire que l’homme a toujours trouvé des solutions. Elle est démobilisatrice. Non pas que certaines solutions ne puissent passer par la technique mais cela  ne peut en aucune façon nous autoriser à continuer à épuiser les ressources de la planète. Un seul exemple : remplacer les moteurs thermiques des voitures par des moteurs électriques pour pouvoir continuer à rouler en auto autant qu’on veut n’est pas une solution durable. Si le moteur électrique réduit l’impact carbone, il utilise des terres rares pour produire des batteries qui ont une durée de vie limitée. Electrique ou pas la production d’une auto consomme 35 000 litres d’eau, si le parc automobile électrique s’accroit la demande en production électrique ne sera pas soutenable. Or la solution passe d’abord par une reconsidération complète de nos modes de déplacement, en particulier pour ce qui concerne la voiture dite individuelle.

Le pape François termine son introduction par le paragraphe 15 ou il nous dit espérer  « que cette Lettre encyclique, qui s’ajoute au Magistère social de l’Église, nous aidera à reconnaître la grandeur, l’urgence et la beauté du défi qui se présente à nous ».

Cette référence au Magistère social de l’Église est loin d’être anodine. Le Magistère social, c’est la doctrine sociale de l’Eglise, la règle de conduite des chrétiens en matière sociale. En intégrant la préoccupation écologique dans sa doctrine sociale, cette préoccupation devient un objectif fondamental pour tous les chrétiens et pas seulement un sujet de réflexion ou de méditation.

 

Partagez cet article

  • 0%