Culte Protestant sur la fraternité le 25 octobre

Culte Protestant Prière

 Vous êtes les bienvenus pour ce culte qui vous est proposé par l’Eglise Protestante unie de Loire Atlantique.

en compagnie de la pasteure Caroline Schrumpf en ce 25 octobre.

Culte Protestant_FRATERNITE_251020

Que vous soyez des habitués de ce culte radio, ou que vous passiez par là par hasard, bienvenue.
Dieu nous invite à ce temps d’écoute, de prière et de louange.

Aujourd’hui et dans les semaines qui viennent, nous vous invitons à suivre pour quelques cultes le thème de la fraternité.Nous disons facilement que nous sommes frères et sœurs en humanité, et à la lumière de la Bible, nous pouvons ajouter que nous sommes tous frères et sœurs parce que nous sommes tous marqués par le péché, le rejet, la rébellion contre Dieu. Ce qui résiste en nous… C’est le signe de notre commune humanité.

L’ apôtre Paul écrit avec son style fracassant : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. (Rom3,23)

mais vous savez bien, je l’espère, que ce n’est pas la fin de l’histoire.

Justement, ce matin je voudrais faire un pas de plus et nous inviter à rejoindre Jésus avec ses amis dans la barque, en Galilée, sur le lac de Tibériade.

Lecture : Marc 4, 35-41

Ce jour-là, le soir venu, Jésus leur dit: «Passons sur l’autre rive.» Après avoir renvoyé la foule, ils l’emmenèrent dans la barque où il se trouvait; il y avait aussi d’autres barques avec lui. Un vent violent s’éleva et les vagues se jetaient sur la barque, au point qu’elle se remplissait déjà. Et lui, il dormait à l’arrière sur le coussin. Ils le réveillèrent et lui dirent: «Maître, cela ne te fait rien que nous soyons en train de mourir?» Il se réveilla, menaça le vent et dit à la mer: «Silence! Tais-toi!» Le vent tomba et il y eut un grand calme. Puis il leur dit: «Pourquoi êtes-vous si craintifs? Comment se fait-il que vous n’ayez pas de foi?» Ils furent saisis d’une grande frayeur et ils se disaient les uns aux autres: «Qui est donc cet homme? Même le vent et la mer lui obéissent!»

 

Nous sommes sur le lac et même dans la barque. Ce jour la, tout commence bien, et finit bien… mais entre les deux, c’est la tempête. La grande tempête. Avec un grand tourbillon de vent et des vagues qui se jettent dans la barque. On a l’impression que les éléments de la nature se liguent pour effrayer les disciples. Ils sont pourtant des professionnels de la pêche, et donc de la navigation. Mais la violence est telle que même les pros sont destabilisés.

Pendant ce temps, de façon incompréhensible, Jésus dort dans le bateau. On nous parle même d’un coussin sur lequel il repose sa tête. Ce récit de Jésus dans la tempête avec ses amis est d’une grande importance dans la Bible, il est raconté 6 fois dans les 4 évangiles. 3 fois, Jésus est avec eux dès le départ dans la barque, et dans 3 autres récits, Jésus vient vers ses amis en marchant sur la mer. Donc quelque chose de très important se joue ici.

La première chose, c’est que nous leur ressemblons furieusement à ces disciples de Jésus… nous aussi nous sommes dans la tempête (cela peut être une tempête personnelle, et aussi collective). Cette tempête peut avoir de multiples formes. En ce moment, c’est celle du Covid qui nous malmène depuis des semaines et qui nous destabilise : pas facile d’éviter le stress tout en prenant la menace au sérieux. Nous sommes en situation de pandémie, mais ce n’est pas non plus la 3e guerre mondiale. Pourtant Nos pensées, nos émotions, ont du mal à naviguer entre l’angoisse et l’insouciance, et toutes les injonctions contradictoires que cela entraine.

Nous ressemblons à ces disciples, et j’imagine que je ne suis pas la seule à avoir envie de crier : Seigneur… comment peux tu rester là à dormir ? Cela ne te fait rien ? Comment peux tu rester insensible devant les dangers qui nous menacent, et les tempêtes qui agitent notre monde et notre humanité.
Nous avons nous parfois le sentiment que Dieu reste silencieux. Ce silence de Dieu, symbolisé ici par le sommeil de Jésus dans la barque, ce silence est une énigme pour nous. Une question sans réponse.

Devant ce silence, il me semble que cette page de l’Evangile nous dit : être un disciple de Jésus, cela ne peut jamais nous donner des réponses toutes faites, ou nous éviter des épreuves et les tempêtes. Ce n’est pas une assurance multi-risques toutes options. Mais une présence, pas toujours perceptible.

En écho à notre fil rouge de la fraternité, je dirais que notre fraternité humaine, et notre fraternité de disciples,   c’est ici la fraternité de la peur.  Les disciples sont pris d’angoisse dans la tempête qui les frappe.
Jésus est endormi : pourquoi ? Par indifférence ? Parce qu’il est fatigué après une longue journée passée à enseigner… Jésus interpelle ses disciples après avoir calmé la tempête : pourquoi avez-vous peur ? Comment se fait-il que vous n’ayez pas de foi?  

Adrien Candiard dans son petit livre « Quand je t’ai vu sous le figuier »[1] explique : Si Jésus dort c’est parce qu’il n’a pas peur dans la tempête. Cette absence de peur, c’est ce qui est insupportable aux disciples. Ils ne le réveillent pas pour qu’il fasse un miracle – ils en seront les premiers surpris. S’ ils se tournent vers Jésus, c’est pour qu’il partage leurs angoisses. Comme si les disciples voulaient l’entraîner avec eux dans cette fraternité de la peur et de l’angoisse. Jésus refuse d’être entraîné. Au contraire c’est lui qui les invite à quitter cette fraternité de la peur pour entrer avec lui dans une fraternité de la confiance, de la foi. La foi, dans l’évangile, ce n’est pas une croyance à adopter, c’est le choix à chaque moment, de faire confiance, une confiance simple, une confiance du cœur, pas forcément une confiance intellectuelle, rationnelle, mais une confiance du quotidien, des petites et des grandes choses de notre vie, la confiance du pas suivant.

Adrien Candiard écrit : Jésus dort parce qu’il n’a pas peur et qu’il veut nous montrer que si nous avons la foi nous pouvons dormir tranquille. il nous enseigne ce qu’est la foi : ce qui permet de dormir. » Cela ne signifie pas qu’il faille se désintéresser des tempêtes qui font rage en nous, autour de nous. Cela n’appelle pas au fatalisme ni à la paresse. Mais il s’agit de confiance. On dort bien, on le sait, quand on est en confiance. Bien des gens ont du mal à dormir quand ils ne sont pas chez eux. Avoir la foi c’est pouvoir dormir partout, c’est être chez soi partout parce que Dieu est présent là aussi.

En quoi, en qui, allons-nous croire ? Dans quelle fraternité voulons-nous vivre ? Celle de la peur, qui nous fait tourner en rond, qui nous panique ou nous paralyse, ou celle de la confiance qui nous invite à changer de regard ? Amen.

[1]    Quand je t’ai vu sous le figuier, propos intempestifs sur la foi chrétienne, Adrien Candiard.

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