Chronique que choisir : difficile comparaison des tarifs bancaires

Chronique Que Choisir Société

Les organisations de consommateurs avaient enfin obtenu des banques françaises une présentation normalisée de leurs tarifs. Cette obligation facilite les comparaisons, donc la concurrence. Mais la norme européenne, moins exigeante, rend de plus en plus illisibles les plaquettes tarifaires.

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Les banquiers français avaient accepté, il y a 10 ans, d’adopter une charte de présentation harmonisée des principaux frais de fonctionnement du compte. Cet extrait standard des tarifs a permis de généraliser des plaquettes tarifaires sobres. Sur un dépliant de format A4, les 12 principales taxations pratiquées (incident de paiement, cotisation carte, tenue de compte…) portaient une dénomination identique. Cette présentation facilite évidemment la comparaison sur les coûts.

Mais les banques ont trouvé le moyen d’abandonner cette présentation, sans se faire accuser de trahison. Il se trouve que la norme européenne de présentation des tarifs bancaires ne limite pas le volume de la brochure, et autorise la présentation des formules commerciales (les “bouquets” ou “packages” bancaires). Le champion de l’exercice pour 2020 est le CRÉDIT AGRICOLE, avec une plaquette “abrégée” de 8 pages, 3 fois plus volumineuse que celle des autres banques. BNP PARIBAS facture plus de 400 frais différents. Ceux de la SOCIÉTÉ GÉNÉRALE occupent une brochure de 50 pages.

Chaque établissement surcharge sa plaquette avec ses formules groupées comme “Sobrio”, “Bouquet Liberté”, “Eurocompte”, et autres “Hexagone”. En définitive, les tarifs sont devenus illisibles, et toute comparaison impossible. Les frais bancaires sont devenus le principal centre de profits pour les établissements bancaires. En 2018, le produit de ces commissions a représenté 25 milliards d’euros, soit 32 % de l’activité bancaire de détail.

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