Chronique que choisir : La protection des données génétiques

Chronique Que Choisir Société

Les tests génétiques sont interdits en France, mais il est très facile d’envoyer un échantillon ADN pour analyse. Le principal opérateur est américain, et la protection des données ainsi recueillies pose problème.

chronique que choisir_Tests génétique et protection des données_03122020

Rechercher des ancêtres dans le vaste monde et dans le passé est possible par analyse ADN, à condition de disposer d’une base de données considérable. C’est ce que propose le site MYHERITAGE, avec un prélèvement de salive transmis par voie postale, malgré l’interdiction de cette activité en France. En quelques jours, et pour moins de 100 €, le demandeur découvre l’origine de ses ancêtres, et même où vivent encore des membres plus ou moins éloignés de sa famille. Mais les conditions d’utilisation de cette prestation sont assez imprécises, notamment la conservation des échantillons transmis, et l’exploitation des données d’analyse.

Interrogé par la Commission nationale “Informatique et libertés” (CNIL) sur réclamation de l’UFC-Que Choisir, MYHERITAGE a complété ses informations contractuelles. Ces précisions ne sont pas pour autant rassurantes, car l’entreprise américaine se réserve le droit d’exploiter les données personnelles recueillies pour des objectifs très larges. Certes, elle concède au client un droit d’accès, mais pas une propriété exclusive, car le laboratoire peut en prendre copie, les transmettre à d’autres utilisateurs, ou les exploiter commercialement.

En réalité, cet opérateur est situé en ISRAËL, et sous-traite les analyses à un laboratoire américain. Il stocke des masses de données conservées indéfiniment, on ne sait dans quelles conditions. En outre, toutes les données personnelles des clients testés sont accessibles aux autres, au moins pour les abonnés payants.

Partagez cet article

  • 0%