Chronique que choisir : la défiance envers les vaccins injustifiée

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Des français se méfient des vaccins, même en cette période de risque majeur pour les personnes les plus fragiles. Les raisons de cette défiance sont multiples, et plus ou moins rationnelles. Mais la rapidité de la mise au point des vaccins annoncés ne justifie pas les soupçons de bricolage, au contraire.

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Au moins deux vaccins contre le coronavirus sont disponibles en Europe, moins d’un an après le début de l’épidémie. C’est un record, et ce n’est pas le seul exploit, car le taux d’efficacité est également exceptionnel. Il y a plusieurs explications à ces résultats prodigieux. Les progrès de la science médicale ont permis de développer en 10 mois des vaccins dont la mise au point prenait 10 ans au siècle dernier. Les moyens considérables mis en œuvre ont accéléré par ailleurs les délais de production massive.

D’abord, ce coronavirus n’était pas complètement inconnu des chercheurs. Depuis 2003, le syndrome respiratoire aigu sévère (ou SRAS-COV-1, puis SRAS-COV-2) était maîtrisé. Ces agents infectieux présentent les mêmes caractéristiques, avec une protéine couvrant leur surface, qui est la cible de la plupart des vaccins développés pour le cas de COVID-19. Ensuite, la technologie des vaccins à stratégie génétique est très différente de ceux inventés il y a plus d’un siècle. Il ne s’agit plus de cultiver des souches puis de les affaiblir avant de les inoculer. Ces nouveaux vaccins reposent sur le code génétique de la protéine visée, dont la reproduction en laboratoire est facile, rapide, et peu coûteuse.

Enfin, les pouvoirs publics ont consacré des moyens considérables pour négocier des marchés d’approvisionnement, en quantités suffisantes pour toute la population. L’Europe a dégagé un budget de plus de 2 milliards d’euros, pour 2 milliards de doses, auprès de 6 laboratoires différents. Les protocoles d’autorisation ont également été modifiés : les laboratoires candidats transmettent leurs données en continu, pendant les phases de validation. Les autorités de santé engagent ainsi leurs procédures de contrôle avant même le dépôt de la demande d’autorisation. Il faut aussi considérer ces éléments pour décider de se protéger ou non contre l’épidémie.

 

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