Fleur de sel : L S 84 88 Le message de chaque créature dans l’harmonie de toute la création

Fleur de sel Société
Bonjour chers auditeurs de Fleur de sel,
Nous poursuivons aujourd’hui notre lecture commentée de l’encyclique du pape François,  Laudato Si, et continuons maintenant le deuxième chapitre, l’Evangile de la création.

L S 84 88 Le message de chaque creature dans l’harmonie de toute la création 190121

Le premier temps du chapitre nous a mis à l’écoute de l’Ecriture, principalement des récits de la Genèse.

Tout est lié, comme ne cesse de l’affirmer l’encyclique : la relation de l’humanité avec la nature ne saurait être séparée de celle qu’elle entretien avec Dieu, et, de la manière dont les êtres humains sont liés. « Paix, justice et sauvegarde de la création » sont indissociables

Les extraits des paragraphes 84, 85 et 86 que nous  écoutons maintenant nous le rappelle

  • 84

Quand nous insistons pour dire que l’être humain est image de Dieu, cela ne doit pas nous porter à oublier que chaque créature a une fonction et qu’aucune n’est superflue. Tout l’univers matériel est un langage de l’amour de Dieu, de sa tendresse démesurée envers nous. Le sol, l’eau, les montagnes, tout est caresse de Dieu. L’histoire de l’amitié de chacun avec Dieu se déroule toujours dans un espace géographique qui se transforme en un signe éminemment personnel, et chacun de nous a en mémoire des lieux dont le souvenir lui fait beaucoup de bien.

 

  • 85

Dieu a écrit un beau livre « dont les lettres sont représentées par la multitude des créatures présentes dans l’univers ». Les Évêques du Canada ont souligné à juste titre qu’aucune créature ne reste en dehors de cette manifestation de Dieu : « Des vues panoramiques les plus larges à la forme de vie la plus infime, la nature est une source constante d’émerveillement et de crainte. Elle est, en outre, une révélation continue du divin ».

Cette contemplation de la création nous permet de découvrir à travers chaque chose un enseignement que Dieu veut nous transmettre, parce que « pour le croyant contempler la création c’est aussi écouter un message, entendre une voix paradoxale et silencieuse ».

En faisant attention à cette manifestation, l’être humain apprend à se reconnaître lui-même dans la relation avec les autres créatures.

 

  • 86

L’ensemble de l’univers, avec ses relations multiples, révèle mieux l’inépuisable richesse de Dieu. Saint Thomas d’Aquin faisait remarquer avec sagesse que la multiplicité et la variété proviennent « de l’intention du premier agent », qui a voulu que « ce qui manque à chaque chose pour représenter la bonté divine soit suppléé par les autres

C’est pourquoi nous avons besoin de saisir la variété des choses dans leurs relations multiples. Par conséquent, on comprend mieux l’importance et le sens de n’importe quelle créature si on la contemple dans l’ensemble du projet de Dieu.

L’insistance sur la dignité de la personne humaine, très présente dans la doctrine et le catéchisme catholique, n’empêche pas de reconnaître la « valeur propre » des autres créatures de Dieu. Leur valeur ne vient pas seulement de leur utilité pour l’homme. La grande variété des créatures reflète « l’inépuisable richesse de Dieu ». Chacune possède des « potentialités »qui la font participer à l’achèvement de la création. La nature doit être source d’émerveillement et de contemplation pour l’homme. Elle est placée sous le signe de l’harmonie.  

Ecoutons maintenant un extrait du§ 87dans lequel François cite une nouvelle fois l’hymne de St François d’assise  

Quand nous prenons conscience du reflet de Dieu qui se trouve dans tout ce qui existe, le cœur expérimente le désir d’adorer le Seigneur pour toutes ses créatures, et avec elles, comme cela est exprimé dans la belle hymne de saint François d’Assise

« Loué sois-tu, mon Seigneur,
avec toutes tes créatures,
spécialement messire frère soleil,
qui est le jour, et par lui tu nous illumines.
Et il est beau et rayonnant avec grande splendeur,
de toi, Très Haut, il porte le signe.
Loué sois-tu, mon Seigneur,
pour sœur lune et les étoiles,
dans le ciel tu les as formées
claires, précieuses et belles.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère vent,
et pour l’air et le nuage et le ciel serein
et tous les temps,
par lesquels à tes créatures tu donnes soutien.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour sœur eau,
qui est très utile et humble,
et précieuse et chaste.
Loué sois-tu, mon Seigneur, pour frère feu,
par lequel tu illumines la nuit,
et il est beau et joyeux, et robuste et fort ».

La figure de François d’Assise, « patron des écologistes », est très présente dans la réflexion du pape. Sa vie est une anticipation de la réconciliation cosmique. L’harmonie qu’il vivait avec toutes les créatures est vue comme la guérison de la rupture occasionnée par le péché. Le Cantique des créatures est un texte de référence qui célèbre la fraternité universelle. Les créatures et donc la nature, participent activement à la louange de Dieu 

« L’exemple de St François d’assise nous inspire le souci de reconnaître le devoirs de l’homme envers la nature, fondés sur la reconnaissance de la valeur propre de chaque créature. »

Ce chant d’action de grâce de François d’Assise nous incite à entrer dans sa suite dans la louange du créateur avec et par la création. 

Ecoutons maintenant le§ 88 pour terminer ce thème du message de chaque créature dans l’harmonie de toute la création

Les Évêques du Brésil ont souligné que toute la nature, en plus de manifester Dieu, est un lieu de sa présence. En toute créature habite son Esprit vivifiant qui nous appelle à une relation avec lui. La découverte de cette présence stimule en nous le développement des « vertus écologiques ». Mais en disant cela, n’oublions pas qu’il y a aussi une distance infinie entre la nature et le Créateur, et que les choses de ce monde ne possèdent pas la plénitude de Dieu. Autrement, nous ne ferions pas de bien aux créatures, parce que nous ne reconnaîtrions pas leur vraie et propre place, et nous finirions par exiger d’elles indûment ce que, en leur petitesse, elles ne peuvent pas nous donner.

« La prière, nourrie par la lecture de la Bible, et notamment des psaumes, invite à un juste rapport avec l’ensemble du vivant. Pour ne retenir qu’un exemple, le Psaume 104, associe étroitement les éléments naturels (l’eau), la vie du monde animal et le travail humain. »

Dans la prochaine émission, nous verrons comment François envisage une communion universelle.

A la semaine prochaine, chers auditeurs de Fleur de Sel

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