Chronique que choisir : contrats obsèques trompeurs

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Des millions de français ont souscrit un contrat pour financer leurs obsèques. Ce marché très prospère connaît aussi des offres sans véritable intérêt pour le souscripteur. Des assureurs placent ces contrats sans précautions ni informations suffisantes.

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Il existe plusieurs formules de contrats obsèques : le capital d’assurance pour les héritiers qui paieront les frais, ou la prestation financée d’avance pour une entreprise de pompes funèbres désignée désignée au contrat. Le souscripteur paye un montant unique, ou verse des mensualités jusqu’à son décès. Mais les héritiers ont souvent de mauvaises surprises, car le capital prévu est insuffisant dans le cas de l’assurance, ou le devis de pompes funèbres prévu au contrat se révèle curieusement “minoré”.

Ce contrat d’assurance n’est pas un placement : les versements effectués sont à fonds perdus pour le souscripteur. S’il meurt peu de temps après la signature d’un contrat à versements périodiques, l’assureur devra verser la différence. Mais s’il vit très vieux, il aura versé beaucoup plus que la garantie promise. Les assureurs appliquent des frais élevés sur ces contrats : à l’entrée bien sûr, mais aussi sur chaque versement, ou en cas de rachat.

Les garanties comportent souvent un délai de carence, qui peut aller jusqu’à 3 ans : en cas de décès avant cette échéance, les héritiers ne toucheront pas le capital, mais seulement le remboursement des versements effectués, nets de frais bien entendu. En réalité, ces contrats très coûteux et incertains se révèlent souvent inutiles. Un livret d’épargne suffit au financement des obsèques, si le défunt avait pris la précaution de le rendre accessible aux héritiers. A défaut de procuration, la loi oblige la banque à payer une facture d’obsèques sans discuter, dans la limite de 5.000 €, et sous réserve de provision sur le compte.

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