Chronique que choisir : La recherche financée par l’industrie

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Les méthodes de l’industrie agroalimentaire pour consolider la consommation de leurs produits ne passent plus seulement par la publicité. Pour gagner l’opinion, les grandes marques financent des études scientifiques, pour souligner à tout prix les avantages de leurs produits. Mais les inconvénients ne sont pas cités, et les chercheurs sont bien complaisants.

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Il est très facile pour un chercheur ou une université de faire financer des travaux scientifiques en matière d’alimentation. Les fabricants comme COCA-COLA, NESTLÉ, DANONE, ou des groupements agroalimentaires, mettent beaucoup d’argent pour faire publier un maximum de rapports. Mais l’objet de ces recherches ne présente pas forcément un grand intérêt pour la santé publique. La profusion de ces rapports téléguidés peut même diluer la pertinence des acquis scientifiques, ou retarder le consensus. Ce procédé est largement utilisé pour noyer les travaux consacrés aux effets sur la santé des aliments industriels.

Des sujets comme les avantages du vin sur la circulation sanguine, l’intérêt pour la santé de la consommation de viande rouge, ou de produits laitiers, sont d’abord des enjeux industriels. Mais ils peuvent aussi faire l’objet de travaux universitaires. Ainsi, la multiplication de publications plus ou moins pertinentes sur ces questions contribue à brouiller les pistes. Des chercheurs australiens et brésiliens ont essayé d’éclairer cet univers obscur des études scientifiques en matière de nutrition. Ils observent dans leur rapport que les publications financées par l’industrie agroalimentaire présentent presque toujours des résultats favorables aux commanditaires.

En revanche, lorsque la recherche scientifique est financée sur fonds propres ou par des programmes publics, son objet et ses conclusions sont indépendantes des marques. Or, curieusement, ces études ne sont alors favorables aux aliments industriels que dans 10 % des cas. Il est parfois difficile de vérifier la relation entre l’industrie et les chercheurs. Ceux-ci doivent en principe déclarer leurs conflits d’intérêt, mais ils ne respectent pas toujours cette obligation. Ou bien ces scientifiques ne sont pas rémunérés par tel limonadier, mais leurs travaux ont bien été financés par COCA-COLA.

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