Chronique que choisir : Alimentation : le poisson disparaît

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Depuis 20 ans, la préservation des ressources de pêche s’est beaucoup améliorée, surtout avec des mesures européennes. Mais cela ne suffit pas pour garantir une pêche durable généralisée. La surpêche menace encore certaines espèces, parmi les plus vendues.

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L’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (l’IFREMER) publie le bilan de santé des ressources marines. Plus de la moitié des prises peut être qualifiée de “pêche durable” : c’est 4 fois plus qu’il y a 20 ans, pour les 160 espèces observées régulièrement. Ainsi, la sardine prolifère à nouveau (parce qu’elle se vend moins bien), et la coquille St-Jacques est très abondante. D’autres populations se sont bien reconstituées, comme le thon rouge méditerranéen, le merlu d’Atlantique et le bar de mer du Nord. Tant mieux pour elles.

Mais la surpêche fait encore des ravages, sur d’autres variétés considérées comme dégradées, ou carrément en voie d’épuisement. C’est le sort du merlu et du rouget en Méditerranée, ainsi que du cabillaud en mer du Nord. En outre, les méthodes de pêche sont également une menace pour la ressource. La technique du chalut est largement répandue (plus de 90 % du volume proposé en étal). Elle dévaste pourtant certaines espèces, parce qu’elle racle les fonds et provoque des prises non désirées, rejetées ou éliminées en déchets.

L’évaluation est difficile en Méditerranée, en raison du nombre important de petits pêcheurs côtiers, dont les prises ne sont pas mesurées (volumes faibles, avec des variétés nombreuses). La crise sanitaire a réduit les quantités débarquées, mais dans une proportion modeste (moins de 15 %). La fermeture des cantines et restaurants a réduit la demande, et fait baisser les prix, pendant quelques semaines seulement.

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