Fleur de sel : LS 138-142 L’écologie environnementale, économique et sociale

Fleur de sel Société
Quand on parle d’‘‘environnement’’, on désigne une relation entre la nature et la société qui l’habite. La nature n’est pas séparée de nous un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle.

LS 138 142 L ecologie environnementale economique et sociale 300321 Fleur de sel

Tout est lié nous dit le pape.

 

138 L’écologie étudie les relations entre les orga­nismes vivants et l’environnement où ceux-ci se développent. Cela demande de s’asseoir pour pen­ser et pour discuter avec honnêteté des conditions de vie et de survie d’une société, pour remettre en question les modèles de développement, de pro­duction et de consommation. Il n’est pas superflu d’insister sur le fait que tout est lié. Le temps et l’espace ne sont pas indépendants l’un de l’autre, et même les atomes ou les particules sous-atomiques ne peuvent être considérés séparément.

 

Le titre de ce chapitre c’est l’écologie environnementale, économique et sociale. Notre alimentation est un produit agricole, mais qui est produit selon un système économique qui a un impact sur la nature, et avec un mode de consommation sociale qui a également un impact. Que l’on pense aux techniques de labour qui tassent le sol, aux engrais chimiques qui polluent les eaux, aux pesticides qui tuent les insectes, à la consommation de surgelés ou de produits exotiques. Tout est lié.

Le temps et l’espace ne sont pas indépendants nous dit le pape. En effet si je vais vite, je ne vois pas ce qui change autour de moi. Si nous augmentons les moyens de transport rapide, nous facilitons la concentration urbaine, donc le déséquilibre des territoires.

 

139 Quand on parle d’‘‘environnement’’, on désigne en particulier une relation, celle qui existe entre la nature et la société qui l’habite. Cela nous empêche de concevoir la nature comme séparée de nous ou comme un simple cadre de notre vie. Nous sommes inclus en elle, nous en sommes une partie, et nous sommes enchevêtrés avec elle. Les raisons pour lesquelles un endroit est pollué exigent une analyse du fonctionnement de la société, de son économie, de son comportement, de ses manières de comprendre la réalité.

 

Nous sommes enchevêtrés en elle, à l’image d’un tissu. La nature n’est pas séparée de nous nous sommes un fil du tissu du vivant, des roches aux hommes en passant par les plantes et les animaux. Si l’on abime un fil c’est tout le tissu qui risque d’être abimé.

 

140 Bien que nous n’en ayons pas conscience, nous dépen­dons de cet ensemble pour notre propre existence. Il faut rappeler que les écosystèmes interviennent dans la capture du dioxyde de carbone, dans la purification de l’eau, dans le contrôle des maladies et des épidémies, dans la formation du sol, dans la décomposition des déchets, et dans beaucoup d’autres services que nous oublions ou ignorons.

 

C’est ce que l’on appelle les services écosystémiques, reprenons les exemples cités par le pape. La capture du gaz carbonique est assurée par les forêts, chacun le sait, mais aussi par le plancton des océans, les prairies et le sol lui-même. Toute atteinte à l’un de ces éléments diminue sa capacité à capter le carbone, donc au réchauffement de l’atmosphère.

La purification de l’eau qui coule sur le sol est assurée par le sol dans lequel elle s’infiltre, qui retient des particules chimiques nocives, par les roselières et les marais. Les plantes émergentes et flottantes peuvent aider à diminuer la teneur en éléments nutritifs des eaux usées (azote (N), phosphore (P), potassium(K)) en prélevant ces éléments nutritifs pour leur métabolisme.

Le contrôle des épidémies, sujet d’actualité. Le contrôle, c’est la capacité des animaux à vivre avec des virus par exemple, suite à une coévolution de longue durée dans un milieu limité. Si nous faisons intrusion dans ce milieu, nous libérons ces virus, comme cela est le cas de plus en plus souvent.

La formation des sols se fait par l’accumulation de débris végétaux pour la partie supérieure, par la dissolution des roches par l’infiltration des eaux pour la partie inférieure. C’est un processus continu, le sol est constitué d’organismes vivants, la faune souterraine et les racines en forment un ensemble très complexe, et très long à reconstituer si on le détruit.

La décomposition des déchets enfin, on peut l’observer dans un composteur où les bactéries décomposent nos déchets alimentaires et les transforment en terreau fertile, des bactéries sont aussi utilisées pour décomposer du plastique, la rouille fait disparaître des morceaux de ferraille, etc.

141 Par ailleurs, la croissance économique tend à produire des automatismes et à homogénéiser, en vue de simplifier les procédures et de réduire les coûts. C’est pourquoi une écologie économique est nécessaire, capable d’obliger à considérer la réa­lité de manière plus ample.

C’est la notion de simplification qui appauvrit de notre réalité. Nous perdons ainsi une diversité génétique qui serait très utile en cas de maladie attaquant l’une de ces variétés. Sur plus de 8 000 variétés de riz, deux grands types dominent : le riz indica, à long grain, et le japonica, à grain rond, plus collant et riche en amidon. Il existe 11 000 à 20 000 variétés de pommes, on en cultive une dizaine.

Autre exemple. Les toits de nos maisons sont de plus en plus faits de manière industrielle avec des tuiles mécaniques, des ardoises d’Espagne, du zinc. Nous perdons la diversité des toits de nos régions, la capacité et les connaissances des ressources locales et donc à réparer nous-mêmes quand les ressources lointaines ne seront plus disponibles.

142 Tant dans l’administration de l’État que dans les diverses expressions de la société civile, ou dans les relations entre citoyens, on constate très souvent des conduites éloignées des lois. Celles-ci peuvent être correctement écrites, mais restent or­dinairement lettre morte. Peut-on alors espérer que la législation et les normes relatives à l’environne­ment soient réellement efficaces ? Nous savons, par exemple, que des pays dotés d’une législation claire pour la protection des forêts continuent d’être des témoins muets de la violation fréquente de ces lois.

 

L’implication de chacun, la pression populaire, est aussi importante que les lois. En France par exemple la défense des espères menacées est régulièrement remise en cause par des dérogations attribuées par les Préfets, ou masquée par des études environnementales peu ou pas faites correctement. Il faut bien souvent une mobilisation des populations pour faire respecter la loi, pour sauvegarder la biodiversité. L’accumulation des lois ne suffit pas.

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