Fleur de sel : L S 147-155 L’écologie de la vie quotidienne

Fleur de sel Société
La possession d’un loge­ment est très étroitement liée à la dignité des per­sonnes et au développement des familles. C’est une question centrale de l’écologie humaine.

L S 147 155 L’écologie de la vie quotidienne 130421 Fleur de sel

Ce chapitre traite principalement des conditions d’habitat, mais aussi de notre rapport au corps.

152 Le manque de logements est grave dans de nombreuses parties du monde, tant dans les zones rurales que dans les grandes villes, parce que sou­vent les budgets étatiques couvrent seulement une petite partie de la demande. Non seulement les pauvres, mais aussi une grande partie de la société rencontrent de sérieuses difficultés pour accéder à son propre logement. La possession d’un loge­ment est très étroitement liée à la dignité des per­sonnes et au développement des familles. C’est une question centrale de l’écologie humaine. Si déjà des agglomérations chaotiques de maisons précaires se sont développées dans un lieu, il s’agit surtout d’urbaniser ces quartiers, non d’éradiquer et d’expulser. Quand les pauvres vivent dans des banlieues polluées ou dans des agglomérations dangereuses, « si l’on doit procéder à leur démé­nagement […], pour ne pas ajouter la souffrance à la souffrance, il est nécessaire de fournir une information adéquate et préalable, d’offrir des alternatives de logements dignes et d’impliquer directement les intéressés ».

La situation du logement en France est effectivement difficile, ou inadmissible dans un pays développé. La fondation Abbé Pierre considère que 4 millions de personnes sont mal logées, dont 143 000 sans domicile fixe, ce nombre a augmenté de 50 % en dix ans. Plus d’un million ont des dettes de loyer ou de charges, plus de 3 millions n’ont pas de quoi se chauffer correctement.

La moitié des personnes migrantes qui ont un droit au logement n’ont pas de proposition et vivent en squat ou dehors.

En Loire-Atlantique Les délais de satisfaction des demandeurs de logements locatifs sociaux sont longs. En 2019, il y a 5 fois plus de demandes en attente que de logements attribués dans l’année.

Le taux de satisfaction de la demande exprimée par le 115 est relativement faible : 25 places attribuées pour 76 demandes par jour en 2011.

 

148 La sensation d’asphyxie, produite par l’entassement dans des résidences et dans des espaces à haute densité de population, est contrebalancée si des relations humaines d’un voisinage convivial sont développées, si des com­munautés sont créées, si les limites de l’environ­nement sont compensées dans chaque personne qui se sent incluse dans un réseau de communion et d’appartenance. De cette façon, n’importe quel endroit cesse d’être un enfer et devient le cadre d’une vie digne.

 

Le pape ouvre une lumière, nous donne espoir. Si nous favorisons la vie des communautés de voisinage, si nous la soutenons, nous pouvons transformer nos habitats en des lieux de vie plus dignes. Ce sont les jardins de quartier, les repas de quartier, les échanges de matériel, l’entretien des espaces verts communs…

 

153 La qualité de vie dans les villes est étroite­ment liée au transport, qui est souvent une cause de grandes souffrances pour les habitants. Dans les villes, circulent beaucoup d’automobiles uti­lisées seulement par une ou deux personnes, rai­son pour laquelle la circulation devient difficile, le niveau de pollution élevé, d’énormes quantités d’énergie non renouvelable sont consommées et la construction d’autoroutes supplémentaires se révèle nécessaire ainsi que des lieux de station­nement qui nuisent au tissu urbain. Beaucoup de spécialistes sont unanimes sur la nécessité d’accor­der la priorité au transport public. Mais certaines mesures nécessaires seront à grand-peine accep­tées pacifiquement par la société sans des amé­liorations substantielles de ce transport, qui, dans beaucoup de villes, est synonyme de traitement indigne infligé aux personnes à cause de l’entasse­ment, de désagréments ou de la faible fréquence des services et de l’insécurité.

 

C’est une question centrale, aussi bien pour les zones urbaines, polluées par les voitures, que les zones rurales, peu desservies par les transports en commun. Que pensez-vous des politiques d’élimination des voitures des centres ville ? mais que pensez-vous aussi des difficultés des habitants en zone rurale à se déplacer sans voiture, des entreprises situées hors des agglomérations à recruter, faute de moyens de transport disponible ?

La part des voitures dans les déplacements, en Loire Atlantique, était en 2016 de 66 % du total des déplacements, loin devant la marche à pied (21 %) et les transports en commun (10 %). Nous avons de la marge de progrès !

 

155 L’écologie humaine implique aussi quelque chose de très profond : la relation de la vie de l’être humain avec la loi morale inscrite dans sa propre nature, relation nécessaire pour pouvoir créer un environnement plus digne. Benoît XVI affirmait qu’il existe une ‘‘écologie de l’homme’’ parce que « l’homme aussi possède une nature qu’il doit res­pecter et qu’il ne peut manipuler à volonté ». […]

 

La valorisation de son propre corps dans sa féminité ou dans sa masculi­nité est aussi nécessaire pour pouvoir se reconnaître soi-même dans la rencontre avec celui qui est dif­férent. De cette manière, il est possible d’accepter joyeusement le don spécifique de l’autre, homme ou femme, œuvre du Dieu créateur, et de s’enrichir réciproquement. Par conséquent, l’attitude qui pré­tend « effacer la différence sexuelle parce qu’elle ne sait plus s’y confronter », n’est pas saine.

 

C’est une question très sensible aujourd’hui, celle de l’identité sexuelle, mais aussi celle du respect du corps. Le pape s’élève contre l’effacement de la différence sexuelle, à ne pas confondre avec la reconnaissance d’orientations sexuelles différentes.

Aussi important est le passage où Benoît XVI appelle à respecter notre corps, à ne pas le manipuler. C’est une tentation de certains de créer un homme augmenté, de lui implanter des neurones artificiels, d’allonger artificiellement sa vie jusqu’au mythe de l’homme éternel. C’est la tentative de multinationales du numérique, réunies au sein de l’Université de la Singularité, à laquelle nous sommes appelés à opposer le respect de notre nature humaine, qui ne doit pas faire l’objet de manipulations motivées par des objectifs économiques, par le profit.

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