Fleur de sel : LS 156-158 Le principe du bien commun

Fleur de sel Société
L’écologie humaine est inséparable de la notion de bien commun, un principe qui joue un rôle central dans l’éthique sociale. C’est l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée.

LS 156 158 Le principe du bien commun 200421 Fleur de sel

Ce principe, essentiellement traité dans ces trois paragraphes de L.S. (156 à 158) est au cœur de l’encyclique. Mais il est aussi évoqué, rappelé, utilisé dans de nombreux autres paragraphes (23 en tout) qu’il faut aussi lire pour en saisir toute la portée. Mais les plus souvent cités sont les considérations sur les pauvres et la pauvreté (une quarantaine de fois).

On y trouve, comme dans toute l’encyclique de nombreux retours au Compendium de la doctrine sociale de l’Eglise. En particulier dans le quatrième chapitre du Compendium, sur « le principe du bien commun ».

Mais ici, dans L.S., qu’entend-on par « bien commun » ?

                               L.S.156 : « L’écologie humaine est inséparable de la notion de bien commun, un principe qui joue un rôle central et unificateur dans l’éthique sociale. « C’est l’ensemble des conditions sociales qui permettent, tant aux groupes qu’à chacun de leurs membres, d’atteindre leur perfection d’une façon plus totale et plus aisée ». 

Le paragraphe suivant (L.S.157) précise tous ces éléments, en ajoutant que « toute la société – et en elle, d’une manière spéciale, l’Etat- a l’obligation de défendre et de promouvoir le bien commun ». Ainsi le bien commun c’est encore :

                               L.S.157. « (C’est)…Le respect de la personne humaine comme telle, avec des droits fondamentaux inaliénables, ordonnés à son développement intégral…(c’est) : le bien-être social et le développement des divers groupes intermédiaires, selon le principe de la subsidiarité. Parmi ceux-ci la famille se distingue spécialement comme cellule de base de la société… Le bien commun requiert la paix sociale, c’est-à-dire la stabilité et la sécurité d’un certain ordre, Qui ne se réalise pas sans…la justice distributive, dont la violation génère toujours la violence ».

L’extrême pauvreté des familles est donc incompatible avec le bien commun.

D’autres passages de l’encyclique précisent encore les conditions de réalisation du bien commun :

L.S. 178. « Le drame de l’immédiateté …conduit à la nécessité de produire de la croissance à court terme »… Aussi « La grandeur politique se révèle quand, dans les moments difficiles, on œuvre pour les grands principes en pensant au bien commun à long terme. Il est (donc) très difficile pour le pouvoir politique d’assumer ce devoir dans un projet de nation ».

Le bien commun ne se construit donc que dans le long terme. Pour cela dit François, (188) « J’invite à un débat honnête et transparent pour que les besoins particuliers ou les idéologies n’affectent pas le bien commun ». Les nécessaires interactions de la politique et de l’économie doivent être « orientées vers le bien commun » (198). De nécessaires dialogues doivent converger vers le bien commun, entre les religions, les sciences, les écologistes et les idéologies. (201).

C’est dans le temps aussi que se situent aussi les relations intergénérationnelles. Et la justice entre générations, élément essentiel du bien commun

 

                L.S. 159. « La notion de bien commun inclut aussi les générations futures. ». En effet « Quand nous pensons à la situation dans laquelle nous laissons la planète aux générations futures, nous entrons dans une autre logique, celle du don gratuit que nous recevons et que nous communiquons….  « C’est un prêt que chaque génération reçoit et doit transmettre à la génération suivante » (Conférence épiscopale portugaise, 15 septembre 2003 ».

                L.S.160. « Quel genre de monde voulons-nous laisser à ceux qui nous succèdent, aux enfants qui grandissent ?… Pour- quoi passons-nous en ce monde, pour quoi venons-nous à cette vie, pour quoi travaillons- nous et luttons-nous, pour quoi cette terre a-t-elle besoin de nous ?…

L.161. « Le style de vie actuel parce qu’il est insoutenable, peut seulement conduire à des catastrophes, comme, de fait, cela arrive déjà périodiquement dans diverses régions. »

On pense aux inondations de Californie, d’Australie, d’Espagne, et plus près encore aux inondations et tempêtes sur nos littoraux et nos rivages.

                L.162.  (à l’intérieur même des familles) «  Bien des fois il y a une consommation des parents, immédiate et excessive, qui affecte leurs enfants de plus en plus en difficulté pour acquérir une maison et pour fonder une famille….Mais ne pensons pas seulement aux pauvres de l’avenir, souvenons-nous déjà des pauvres d’aujourd’hui, qui ont peu d’années de vie sur cette terre et ne peuvent pas continuer d’attendre. C’est pourquoi, « au-delà d’une loyale solidarité intergénérationnelle, l’urgente nécessité morale d’une solidarité intra-générationnelle renouvelée doit être réaffirmée (Benoit XVI message pour la journée mondiale de la paix,2010). »

C’est donc dès maintenant que la solidarité doit se manifester pour tous.

 

Dans les derniers développements de l’encyclique sont aussi soulignés les liens entre la « paix intérieure…, la préservation de l’écologie et du bien commun » (225), ou encore « l’amour de la société et l’engagement pour le bien commun (qui) sont une forme excellente de charité » (231). Autour des associations « se développent ou se reforment des liens, et un nouveau tissu social local surgit. Une communauté se libère ainsi de l’indifférence consumériste » (L.S. 232).

 Qu’ajouter plus concrètement : Le « bien commun » prend la forme d’une richesse commune, des « biens communs », à gérer et à protéger car ils sont essentiels à la réalisation du bien commun. : Le climat (L.S.23), L’eau, richesse mondiale essentielle mais menacée, (L.S.27 à 31), la biodiversité (L.S.32 à 42), les postes de travail (129)… La liste pourrait très facilement en être allongée.

Bien au-delà, en termes politiques et juridiques nous devons en effet réfléchir au statut collectif ou public des services publics, ou des domaines publics, qui sont les modes de gestion publique du bien commun, et des biens communs. Les activités privées d’intérêt général, associatives ou autres, participent aussi clairement au bien commun. Et nous devons nous en soucier.

                                               A-H. M.

 

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