Fleur de sel : LS 163-175. Quelques lignes d’orientation et d’action

Fleur de sel Société
Le chapitre 5 de Laudato si’ propose « Quelques lignes d’orientation et d’action ». Ces lignes sont nombreuses, denses et pratiques, voire concrètes. François nous entraîne sur le terrain des choix politiques. La logique du dialogue structure toutes les sections de ce chapitre, et tous les niveaux de l’action. La première partie du chapitre, est consacrée au dialogue sur l’environnement dans la politique internationale. Pour François, ce dialogue est actuellement très insuffisant., malgré quelques accords importants mais aux résultats bien maigres.

LS 163 175 Quelques lignes d orientation et d action 270421 Fleur de sel

Nous poursuivons notre lecture commentée de l’encyclique du pape François Laudato si’, en abordant aujourd’hui le chapitre 5, « Quelques lignes d’orientation et d’action ». Ces lignes sont nombreuses, denses et pratiques, voire concrètes. François nous entraîne sur le terrain des choix politiques. Ce sont des propositions  « de dialogue et d’action (15) qui concernent aussi bien chacun de nous que la politique internationale ». Le dialogue est un des thèmes majeurs de l’encyclique, comme de son pontificat. « Essayons à présent de tracer les grandes lignes de dialogue à même de nous aider à sortir de la spirale d’autodestruction dans laquelle nous nous enfonçons ». La logique du dialogue structure donc toutes les sections de ce chapitre, et tous les niveaux de l’action. C’est là la proposition d’action de l’Eglise qui pourtant « n’a pas la prétention de juger des questions scientifiques ni de se substituer à la politique » (188).

Nous lirons aujourd’hui la première partie du chapitre, consacrée au dialogue sur l’environnement dans la politique internationale. Ecoutons le début de ce passage, au n° 164.

Depuis la moitié du siècle dernier, après avoir surmonté beaucoup de difficultés, on a eu de plus en plus tendance à concevoir la planète comme une patrie, et l’humanité comme un peuple qui habite une maison commune. Que le monde soit interdépendant ne signifie pas seulement comprendre que les conséquences préjudiciables des modes de vie, de production et de consommation affectent tout le monde, mais surtout faire en sorte que les solutions soient proposées dans une perspective globale, et pas seulement pour défendre les intérêts de certains pays. L’interdépendance nous oblige à penser à un monde unique, à un projet commun.

Pour François, le dialogue au niveau international est actuellement très insuffisant. Il se montre sévère, malgré quelques avancées, insuffisantes. Ecoutons son hommage aux efforts du mouvement écologique mondial, au n° 166.

Le mouvement écologique mondial a déjà fait un long parcours, enrichi par les efforts de nombreuses organisations de la société civile. Il n’est pas possible ici de les mentionner toutes, ni de retracer l’histoire de leurs apports. Mais grâce à un fort engagement, les questions environnementales ont été de plus en plus présentes dans l’agenda public et sont devenues une invitation constante à penser à long terme. Cependant, les Sommets mondiaux de ces dernières années sur l’environnement n’ont pas répondu aux attentes parce que, par manque de décision politique, ils ne sont pas parvenus à des accords généraux, vraiment significatifs et efficaces, sur l’environnement.

Le pape fait ensuite un tour d’horizon assez technique de la plupart des grandes questions internationales relatives à l’environnement. Il recense les grands accords internationaux et leurs limites. Tous ces accords sont importants malgré la maigreur de leurs résultats. Il regrette que beaucoup d’avancées sont moins significatives De grands défis restent à relever, par exemple sur les énergies renouvelables (L.S.165), sur la biodiversité ( L.S. 167 et 169), sur les émissions de gaz à effet de serre, et les crédits carbones (170, 171), sur la protection des zones maritimes (174)….

  1. Les négociations internationales ne peuvent pas avancer de manière significative en raison de la politique des pays qui mettent leurs intérêts nationaux au-dessus du bien commun général…Nous, les croyants nous ne pouvons pas cesser de demander à Dieu qu’il y ait des avancées positives dans les discussions actuelles, de manière à ce que les générations futures ne souffrent pas des conséquences d’ajournements imprudents… S’agissant du changement climatique, les avancées sont hélas très médiocres.

François reconnaît la responsabilité des pays riches, et leur dette écologique à l’égard des pays pauvres

  1. Les pays qui ont bénéficié d’un degré élevé d’industrialisation, au prix d’une énorme émission de gaz à effet de serre, ont une plus grande responsabilité dans l’apport de la solution aux problèmes qu’ils ont causés.

Au contraire, « les pays pauvres … doivent développer des formes moins polluantes de production d’énergie, mais pour cela ils doivent pouvoir compter sur l’aide des pays qui ont connu une forte croissance au prix de la pollution actuelle de la planète…C’est avant tout une décision éthique, fondée sur la solidarité entre tous les peuples ». 172

Pour affronter la situation, il faudra des instruments efficaces de « gouvernance globale » pour la « gestion …des biens communs globaux » (174 et 175).

  1. Il manque des cadres régulateurs généraux qui imposent des obligations, et qui empêchent des agissements intolérables, comme le fait que certains pays puissants transfèrent dans d’autres pays des déchets et des industries hautement polluants.

François réaffirme ici le soutien constant de l’Eglise Catholique au système d’institutions internationales, même imparfait, et son appel à la création d’une véritable autorité politique mondiale. C’est un point d’insistance de la doctrine sociale de l’Eglise

  1. Pour le gouvernement de l’économie mondiale, pour assainir les économies frappées par la crise, pour prévenir son aggravation et de plus grands déséquilibres, pour procéder à un souhaitable désarmement intégral, pour arriver à la sécurité alimentaire et à la paix, pour assurer la protection de l’environnement et pour réguler les flux migratoires, il est urgent que soit mise en place une véritable autorité politique mondiale…

A la semaine prochaine, chers auditeurs de Fleur de Sel, pour continuer notre lecture commune du chapitre 5 de Laudato si’.

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