Culte protestant du 9 mai : Aimez-vous les uns les autres !

Culte Protestant Prière

“Aimez-vous  les uns les autres” c’est l’expression générique du Culte de ce 9 mai animé par Caroline Schrumpf, Pasteure de l’Eglise Protestante Unie de La Loire-Atlantique (EPULA).

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Avez vous déja réalisé que la plupart des livres et des films que produit l’humanité, peut-être 80 ou 90% tournent autour de 2 thèmes principaux… le besoin d’amour (et toutes ses ramifications heureuses ou malheureuses) et le besoin d’être sauvé (et toutes les figures de héros, superhéros et même antihéros qui sont la preuve à l’envers).

Cela veut dire quelque chose de notre humanité, du point commun de notre humanité. Nos deux plus grands besoins : être aimé, et expérimenter que nos malheurs ne vont pas avoir raison de nous.

Juste avant de quitter ses disciples, avant d’aller au devant de sa mort, de la croix, Jésus réunit ses amis et leur parle. Il leur dit et redit l’essentiel, le fondamental, ce qu’ils ne devront jamais oublier. Et d’ailleurs quand on entend ce passage de Jean 15, on a un peu l’impression que Jésus répète encore et encore les memes choses, avec des mots qui reviennent : aimer (9 fois), commandement (5), demeurer (4). 

Au début de son discours, juste avant le passage que nous avons lu, Jésus choisit une image parlante, concrète l’image de la vigne. Cette image décrit les liens, et la vie qui circule dans la communauté des disciples de Jésus. Nous sommes les branches, et Lui est le cep, le tronc de la plante. L’amour de Dieu c’est la sève qui nous nourrit et nous permet de porter des fruits. L’amour les uns pour les autres que Jésus commande, cela ne vient pas de nous, c’est la sève qui circule du pied de la vigne vers les branches.

Comme cette image est encourageante et libératrice pour ceux qui savent combien ils sont loin de trouver en eux seuls les ressources pour aimer les autres comme Jésus nous le demande.

Cet amour, Jésus nous appelle à le laisser passer à travers nous, en nous en nourrissant, pour le partager.

Cet amour dont Jésus parle c’est ce à quoi toute notre humanité aspire. Aimer et être aimé. C’est un amour qui nous relie à Dieu, en étant relié à Jésus. C’est un amour qui procure de la joie. C’est un amour qui se donne, qui est tourné vers l’autre. C’est un amour qui fait grandir l’autre «  plus serviteurs mais amis ». C’est un amour qui fait porter du fruit. C’est un amour qui nous invite à vivre une relation de confiance en Dieu.

Tout cela peut être un peu effrayant, un peu écrasant quand on y pense. Parce qu’on sait très bien que notre amour n’est pas exactement le reflet de l’amour dont Jésus nous parle. L’amour que nous offrons à nos proches, l’amour que nous recevons d’eux, est toujours marqué par nos blessures, nos limites humaines. Et nous savons bien que nous ne pouvons pas faire autrement. Nous essayons d’aimer nos enfants, mais nous les blessons parfois, nous prononcons des paroles qui peuvent les fragiliser au lieu de les encourager. Nous essayons d’aimer notre conjoint, mais nous cherchons surtout à ce qu’il ou elle reponde à nos besoins, et nous avons du mal à écouter les besoins de l’autre. Nous essayons d’aimer notre prochain, mais plutot celui qui nous ressemble, qui est aimable, qui est finalement proche de nous.

 

Dans le film Le Grand Partage, on a une parabole moderne de nos difficultés à aimer. C’est un hiver extrèmement froid à Paris. Face à la crise, le gouvernement prend une décision radicale : chaque famille doit partager son logement avec des inconnus. Dans un immeuble des beaux quartiers, deux familles, les Dubreuil (traditionnels aux idées de droite) et les Bretzel (artistes aux idées de gauche) sont contraints d’héberger chez eux une famille de réfugiés d’Afrique ou d’Europe de l’Est. Et les uns et les autres font tout leur possible pour tenter d’éviter cela.

Aimer notre prochain, oui, on veut bien mais de loin et si cela ne change pas trop nos habitudes. 

 

Demeurez-en Dieu, s’attacher fortement au Seigneur, par un lien aussi étroit que celui des sarments sur le cep est le premier commandement, le premier impératif. En aimant Dieu, en puisant notre énergie, notre foi en lui, nous vivons du même amour,  mais surtout et d’abord nous recevons pour nous-même l’amour du Père. Nous nous laissons aimer, tels que nous sommes, parce que nous sommes infiniment aimés ; c’est souvent la chose la plus difficile à croire véritablement ; cette réalité est bouleversante parce que nous nous sentons si souvent tellement indignes d’un amour aussi profond et inconditionnel ! Cet amour nous pouvons le recevoir. Non pas seulement une fois, mais chaque jour, à chaque instant. Cet amour, nous pouvons l’accueillir et le laisser irriguer toute notre vie, même les branches misérables, même celles qui sont quasi mortes. Même ces recoins obscurs de nos vies.

 

Jésus veut partager avec chacun de nous, avec toi qui écoute la radio ce matin, avec moi, avec nous tous, cette joie d’être aimé du Père , il veut ardemment transmettre cet amour reçu.

L’image de la sève que transmet la vigne par son cep aux rameaux prend toute sa force pour dire ce grand désir de Jésus de nous transmettre l’amour du Père.
Cet amour dans lequel il nous invite à demeurer. Amen.

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