Fleur de sel : LS 182-188 Dialogue et transparence dans les processus de prise de décisions

Fleur de sel Société
La troisième partie du chapitre 5 (182-188) s’appelle « Dialogue et transparence dans les processus de prise de décisions ». S’appuyant sur le principe de participation, Laudato si’ propose un certain nombre de conditions pour un vrai dialogue avec les populations concernées sur les projets ayant des impacts sur leur environnement , comme la transparence, l’accès à une information libre et de qualité pour tous, l’élaboration de solutions et d’alternatives différentes, et bien sûr, le dialogue. Dialogue et transparence, souci du bien commun, prise en compte toujours des intérêts des plus fragiles… pour l’Eglise, autant de critères qui doivent orienter les débats et guider la prise de décision.

LS 182 188 Dialogue et transparence dans les processus de prise de décisions 110521 Fleur de sel

Nous poursuivons aujourd’hui la lecture du cinquième chapitre de L.S. « quelques lignes d’orientation et d’action », avec sa troisième partie : « Dialogue et transparence dans les processus de prise de décisions ». Nous retrouvons ici un autre principe de la doctrine sociale de l’Eglise : le principe de participation. Il est défini par exemple au n°189 du Compendium de la doctrine sociale :

« La participation est un devoir que tous doivent consciemment exercer, d’une manière responsable et en vue du bien commun »

Laudato si’ rappelle une fois de plus, que l’objectif est celui du développement intégral, nécessitant un dialogue transparent, notamment chaque fois qu’un projet peut avoir des conséquences sur l’environnement des populations concernées. Le dialogue, toujours au cœur de l’encyclique :

  1. La prévision de l’impact sur l’environnement des initiatives et des projets requiert des processus politiques transparents et soumis au dialogue, alors que la corruption, qui cache le véritable impact environnemental d’un projet, en échange de faveurs, conduit habituellement à des accords fallacieux au sujet desquels on évite information et large débat.

Le discours se fait précis, concret : François est bien conscient de tous les mécanismes mis en place par les décideurs économiques et politiques pour écarter les populations des décisions qui les concernent.

  1. Une étude de l’impact sur l’environnement ne devrait pas être postérieure à l’élaboration d’un projet de production ou d’une quelconque politique, plan ou programme à réaliser. Il faut qu’elle soit insérée dès le début et élaborée de manière interdisciplinaire, transparente, et indépendante de toute pression économique ou politique… prenant en compte les scénarios possibles… Pour affronter les effets indésirables qui peuvent être corrigés… A la table de discussion, les habitants locaux doivent avoir une place privilégiée, eux qui se demandent ce qu’ils veulent pour eux et pour leurs enfants, et qui peuvent considérer les objectifs qui transcendent l’intérêt économique immédiat.

L’objectif final, c’est le consensus. Pour atteindre cet objectif, le pape propose un certain nombre de conditions, comme la transparence, l’accès à une information libre et de qualité pour tous, l’élaboration de solutions et d’alternatives différentes, et bien sûr, le dialogue.

  1. La participation requiert que tous soient convenablement informés sur les divers aspects ainsi que sur les différents risques et possibilités ; elle ne se limite pas à la décision initiale d’un projet, mais concerne aussi les actions de suivi et de surveillance constante. La sincérité et la vérité sont nécessaires dans les discussions scientifiques et politiques, qui ne doivent pas se limiter à considérer ce qui est permis ou non par la législation.

L’encyclique n’esquive pas la question des risques graves pour l’environnement.

  1. Quand d’éventuels risques pour l’environnement, qui affectent le bien commun, présent et futur, apparaissent, cette situation exige que « les décisions soient fondées sur une confrontation entre les risques et les bénéfices envisageables pour tout choix alternatif possible.

Pour remédier au réflexe consumériste, « qui donne priorité au court terme et à l’intérêt privé », avec « des procédures trop rapides » ou « la dissimulation d’information », François esquisse au n°185 une grille de discernement pour analyser un projet.

185 Dans toute discussion autour d’une initiative, une série de questions devraient se poser en vue de discerner si elle offrira ou non un véritable développement intégral. Pour quoi ? par quoi ? où ? quand, De quelle manière ? pour qui ? Quels sont les risques ? A quel coût ? qui paiera les coûts et comment le fera-t-il ?

Evoquant la question de l’accès à l’eau, « ressource limitée et indispensable », l’encyclique rappelle la nécessité de mettre en application le principe de précaution.

  1. Ce principe de précaution permet la protection des plus faibles, qui disposent de peu de moyens pour se défendre et pour apporter des preuves irréfutables. Si l’information objective conduit à prévoir un dommage grave et irréversible, bien qu’il n’y ait pas de preuve indiscutable, tout projet devra être arrêté ou modifié. Ainsi, on inverse la charge de la preuve, puisque dans ce cas il faut apporter une démonstration objective et indiscutable que l’activité proposée ne va pas générer de graves dommages à l’environnement ou à ceux qui y habitent.

François rappelle que ce principe ne doit pas constituer un prétexte pour « s’opposer à toute innovation technologique qui permette d’améliorer la qualité de vie d’une population ».

  1. Mais, dans tous les cas, il doit toujours être bien établi que la rentabilité ne peut pas être l’unique élément à prendre en compte et que, au moment où apparaissent de nouveaux critères de jugement à partir de l’évolution de l’information, il devrait y avoir une nouvelle évaluation avec la participation de toutes les parties intéressées. Le résultat de la discussion pourrait être la décision de ne pas avancer dans un projet, mais pourrait être aussi sa modification ou l’élaboration de propositions alternatives.

Le paragraphe s’achève sur une notre très réaliste.

  1. Dans certaines discussions sur des questions liées à l’environnement, il est difficile de parvenir à un consensus. Encore une fois (dit le pape) je répète que l’Eglise n’a pas la prétention de juger des questions scientifiques ni de se substituer à la politique, mais j’invite à un débat honnête et transparent, pour que les besoins particuliers ou les idéologies n’affectent pas le bien commun.

Dialogue et transparence, souci du bien commun, prise en compte toujours des intérêts des plus fragiles… pour l’Eglise, autant de critères qui doivent orienter les débats et guider la prise de décision.

Bonne semaine, chers auditeurs de Fleur de Sel.

 

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