Fleur de sel : L S 199-201 Les religions dans le dialogue avec les sciences

Fleur de sel Société
La dernière partie du chapitre 5 est intitulée « les religions dans le dialogue avec les sciences ». C’est une forme de conclusion au chapitre, dans laquelle François souligne l’incapacité des solutions purement techniques et scientifiques à résoudre seules la crise. Il appelle à la mobilisation des ressources esthétiques, poétiques, culturelles et spirituelles de l’humanité. Il légitime le discours religieux comme source de la réflexion éthique, et la place des religions dans le débat public. Avec une condition : il faut que les croyants vivent une vraie cohérence entre la foi qu’ils proclament et leurs actions. François insiste également sur le dialogue indispensable entre toutes les sciences, sans exclusive, mais aussi au sein de la militance et des divers mouvements écologiques. Le pape est cependant bien conscient de la difficulté de la mise en œuvre de ce dialogue.

LS 199 201 Les religions dans le dialogue avec les sciences 250521 Fleur de sel

Chers auditeurs de Fleur de sel, Bonjour,

Nous continuons et finissons aujourd’hui la lecture du chapitre 5 de LS qui propose « quelques lignes d’orientation et d’action ».

Cette 5ème et dernière partie du chapitre est intitulée « les religions dans le dialogue avec les sciences ». C’est une forme de conclusion au chapitre, avec 3 numéros 199 à 201. François souligne alors l’incapacité des solutions purement techniques et scientifiques à résoudre seules la crise. Il appelle à la mobilisation des ressources esthétiques, poétiques, culturelles et spirituelles de l’humanité (199-200)

Ecoutons maintenant le paragraphe 199.

  1. On ne peut pas soutenir que les sciences empiriques expliquent complètement la vie, la structure de toutes les créatures et la réalité dans son ensemble. Cela serait outrepasser de façon indue leurs frontières méthodologiques limitées. Si on réfléchit dans ce cadre fermé, la sensibilité esthétique, la poésie, et même la capacité de la raison à percevoir le sens et la finalité des choses disparaissent. Je veux rappeler que « les textes religieux classiques peuvent offrir une signification pour toutes les époques, et ont une force de motivation qui ouvre toujours de nouveaux horizons […] Est-il raisonnable et intelligent de les reléguer dans l’obscurité, seulement du fait qu’ils proviennent d’un contexte de croyance religieuse ? »

François ici cite son exhortation apostolique la joie de l’Evangile, le premier texte de son pontificat. Nous poursuivons la lecture du n° 199.

En réalité, il est naïf de penser que les principes éthiques puissent se présenter de manière purement abstraite, détachés de tout contexte, et le fait qu’ils apparaissent dans un langage religieux ne les prive pas de toute valeur dans le débat public. Les principes éthiques que la raison est capable de percevoir peuvent réapparaître toujours de manière différente et être exprimés dans des langages divers, y compris religieux.

Voilà une jolie façon de légitimer le discours religieux comme source de la réflexion éthique, et la place des religions dans le débat public. Le paragraphe 200 va plus loin : il appelle les croyants à une vraie cohérence entre la foi qu’ils proclament et leurs actions. Ecoutons ce passage.

  1. D’autre part, toute solution technique que les sciences prétendent apporter sera incapable de résoudre les graves problèmes du monde si l’humanité perd le cap, si l’on oublie les grandes motivations qui rendent possibles la cohabitation, le sacrifice, la bonté. De toute façon, il faudra inviter les croyants à être cohérents avec leur propre foi et à ne pas la contredire par leurs actions; il faudra leur demander de s’ouvrir de nouveau à la grâce de Dieu et de puiser au plus profond de leurs propres convictions sur l’amour, la justice et la paix. Si une mauvaise compréhension de nos propres principes nous a parfois conduits à justifier le mauvais traitement de la nature, la domination despotique de l’être humain sur la création, ou les guerres, l’injustice et la violence, nous, les croyants, nous pouvons reconnaître que nous avons alors été infidèles au trésor de sagesse que nous devions garder. Souvent les limites culturelles des diverses époques ont conditionné cette conscience de leur propre héritage éthique et spirituel, mais c’est précisément le retour à leurs sources qui permet aux religions de mieux répondre aux nécessités actuelles.

Une fois encore, François exprime une forme de repentance sur les erreurs des générations croyantes qui nous ont précédé dans leurs façons de vivre les relations avec la nature. Ce qui lui permet ensuite d’inviter plus fortement toutes les religions à s’impliquer dans le dialogue pour la sauvegarde de la maison commune, comme le précise le paragraphe 201.

  1. La majorité des habitants de la planète se déclare croyante, et cela devrait inciter les religions à entrer dans un dialogue en vue de la sauvegarde de la nature, de la défense des pauvres, de la construction de réseaux de respect et de fraternité

François insiste également sur le dialogue indispensable entre toutes les sciences, sans exclusive, mais aussi au sein de la militance et des divers mouvements écologiques. Toujours au 201 :

Un dialogue entre les sciences elles-mêmes est aussi nécessaire parce que chacune a l’habitude de s’enfermer dans les limites de son propre langage, et la spécialisation a tendance à devenir isolement et absolutisation du savoir de chacun. Cela empêche d’affronter convenablement les problèmes de l’environnement. Un dialogue ouvert et respectueux devient aussi nécessaire entre les différents mouvements écologistes, où les luttes idéologiques ne manquent pas.

Pour conclure ce chapitre, le pape est cependant bien conscient de la difficulté de la mise en œuvre de ce dialogue.

La gravité de la crise écologique exige que tous nous pensions au bien commun et avancions sur un chemin de dialogue qui demande patience, ascèse et générosité, nous souvenant toujours que « la réalité est supérieure à l’idée ».

La semaine prochaine, nous commencerons le chapitre 6 de LS, intitulé « Education et spiritualité écologiques ». Ce dernier chapitre propose des pistes pour la conversion à l’écologie intégrale, qui doit se traduire de manière concrète par de nouveaux choix de vie.

Chers auditeurs de Fleur de sel, nous vous donnons rendez-vous la semaine prochaine, et d’ici là prenez bien soin de vous.

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