Chronique que choisir : La société “Délices et gourmandises” condamnée

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Une société inondait surtout des personnes âgées de courriers annonçant des gains mirobolants, avec souvent une commande produits bas de gamme. Une décision sévère vient de condamner l’entreprise et sa dirigeante, pour la commercialisation agressive et trompeuse des marques Délices et gourmandises.

Chronique que choisir_Société Délices et gourmandises condamnée_07062021

Ce procédé commercial est un véritable fléau, comme le démarchage. La boîte aux lettres des destinataires est régulièrement encombrée de courriers tapageurs, annonçant le gain d’une somme fabuleuse ou d’un cadeau fantastique. C’est nominatif, exclamatif, assorti de certificats en tous genres. La société CPE cible spécialement les femmes âgées, sélectionnées dans l’annuaire sur leur prénom ancien. Elle leur adresse des annonces magiques, accompagnées d’un bon de commande pour des produits Délices et gourmandises ou Délices d’Annie. La Cour d’appel de Paris a été sans pitié pour cette société et personnellement sa dirigeante, condamnées à 200.000 € d’amende et l’interdiction de gérer une entreprise pendant 5 ans. L’UFC-Que Choisir obtient en outre 50.000 € d’indemnité pour le préjudice collectif causé aux consommateurs.

L’arrêt souligne les pratiques commerciales trompeuses de cette société, sur la base de l’enquête menée par la Direction de la concurrence, consommation et répression des fraudes (DGCCRF). Un de ses agents a commandé sur le site Délice et gourmandises, et reçu son colis. Mais cet achat a déclenché ensuite une avalanche de courriers et appels téléphoniques, avec annonce de gain garanti suite à tirage au sort, et proposition de commande. Au total, une trentaine de courriers postaux et une quarantaine de messages téléphoniques, en 5 mois.

En fait, l’annonce de gain est trompeuse, car le tirage est à venir. Le nom du destinataire est seulement dans une liste de participants au tirage, certifiée par huissier. Cette incertitude est soigneusement masquée en petits caractères, ou sous des formules alambiquées. Le gain est improbable, mais le participant a passé une commande ferme, en croyant que c’était une condition pour recevoir le gros lot. L’affaire est rentable : la société CPE déclare un chiffre d’affaires annuel d’environ 30 millions d’euros.

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