Fleur de sel : LS 209-215 Education pour l alliance entre l’humanite et l’environnement

Fleur de sel Société
Après son exhortation au changement dans les styles de vie au début du chapitre 6, François entre résolument dans les défis à révéler pour favoriser cette conversion. Sa proposition s’appuie d’abord sur la promotion d’une Education pour l’alliance entre l’humanité et l’environnement. Sa démarche s’inscrit clairement dans la perspective d’une éthique des vertus : les normes et les lois sont indispensables pour limiter les mauvais comportements et encourager les bonnes pratiques écologiques. Mais cela n’est pas suffisant : il faut changer le cœur de l’homme, développer des vertus écologiques, pour développer de meilleures habitudes. L’encyclique appelle à la mobilisation de tous les divers milieux éducatifs : école, moyens de communication, catéchèse, politique, associations, l’Eglise et ses institutions. Le rôle de la famille, « lieu de la formation intégrale », est particulièrement mis en avant.

LS 209 215 Education pour l alliance entre l’humanite et l’environnement 080621 Fleur de sel

Nous poursuivons notre lecture du sixième et dernier chapitre de Laudato Si’, Education et spiritualité écologiques. Après son exhortation au changement dans les styles de vie, François entre résolument dans les défis à révéler pour favoriser cette conversion. Sa proposition s’appuie d’abord sur la promotion d’une Education pour l’alliance entre l’humanité et l’environnement. Ecoutons le n° 209.

  1. La conscience de la gravité de la crise culturelle et écologique doit se traduire par de nouvelles habitudes. Beaucoup savent que le progrès actuel, tout comme la simple accumulation d’objets ou de plaisirs, ne suffit pas à donner un sens ni de la joie au cœur humain, mais ils ne se sentent pas capables de renoncer à ce que le marché leur offre. Dans les pays qui devraient réaliser les plus grands changements d’habitudes de consommation, les jeunes ont une nouvelle sensibilité écologique et un esprit généreux, et certains d’entre eux luttent admirablement pour la défense de l’environnement ; mais ils ont grandi dans un contexte de très grande consommation et de bien-être qui rend difficile le développement d’autres habitudes. C’est pourquoi nous sommes devant un défi éducatif.

Changement des habitudes, défi éducatif : François s’inscrit clairement dans la perspective d’une éthique des vertus.

  1. L’éducation environnementale a progressivement élargi le champ de ses objectifs. Si au commencement elle était très axée sur l’information scientifique ainsi que sur la sensibilisation et la prévention de risques environnementaux, à présent cette éducation tend à inclure une critique des “mythes” de la modernité […] ; elle tend également à s’étendre aux différents niveaux de l’équilibre écologique : au niveau interne avec soi-même, au niveau solidaire avec les autres, au niveau naturel avec tous les êtres vivants, au niveau spirituel avec Dieu. L’éducation environnementale devrait nous disposer à faire ce saut vers le Mystère, à partir duquel une éthique écologique acquiert son sens le plus profond. Par ailleurs, des éducateurs sont capables de repenser les itinéraires pédagogiques d’une éthique écologique, de manière à faire grandir effectivement dans la solidarité, dans la responsabilité et dans la protection fondée sur la compassion.

Nous retrouvons le tétraèdre relationnel : nous devons travailler sur notre relation avec nous-mêmes, avec les autres, avec la création, avec Dieu.

Continuons notre lecture, au n° 211. 

  1. Cependant, cette éducation ayant pour vocation de créer une “citoyenneté écologique” se limite parfois à informer, et ne réussit pas à développer des habitudes. L’existence de lois et de normes n’est pas suffisante à long terme pour limiter les mauvais comportements, même si un contrôle effectif existe. Pour que la norme juridique produise des effets importants et durables, il est nécessaire que la plupart des membres de la société l’aient acceptée grâce à des motivations appropriées, et réagissent à partir d’un changement personnel. C’est seulement en cultivant de solides vertus que le don de soi dans un engagement écologique est possible.

La mise au point est importante : les normes et les lois sont indispensables pour limiter les mauvais comportements et encourager les bonnes pratiques écologiques. Mais cela n’est pas suffisant : il faut changer le cœur de l’homme, développer des vertus écologiques, pour développer de meilleures habitudes. François donne quelques exemples très concrets, encourageant aux « petites actions quotidiennes », que l’éducation doit transformer en un style de vie. Il insiste sur le sens de ces écogestes, qui peuvent parfois sembler bien peu de choses face aux défis à relever.

  1. Il ne faut pas penser que ces efforts ne vont pas changer le monde. Ces actions répandent dans la société un bien qui produit toujours des fruits au-delà de ce que l’on peut constater, parce qu’elles suscitent sur cette terre un bien qui tend à se répandre toujours, parfois de façon invisible. En outre, le développement de ces comportements nous redonne le sentiment de notre propre dignité, il nous porte à une plus grande profondeur de vie, il nous permet de faire l’expérience du fait qu’il vaut la peine de passer en ce monde.

Le texte poursuit au n° 213 avec un appel à la mobilisation de tous les divers milieux éducatifs : école, moyens de communication, catéchèse. Le rôle de la famille est particulièrement mis en avant.

 

  1. Dans la famille, on cultive les premiers réflexes d’amour et de préservation de la vie, comme par exemple l’utilisation correcte des choses, l’ordre et la propreté, le respect pour l’écosystème local et la protection de tous les êtres créés. La famille est le lieu de la formation intégrale, où se déroulent les différents aspects, intimement reliés entre eux, de la maturation personnelle. Dans la famille, on apprend à demander une permission avec respect, à dire “merci” comme expression d’une juste évaluation des choses qu’on reçoit, à dominer l’agressivité ou la voracité, et à demander pardon quand on cause un dommage. Ces petits gestes de sincère courtoisie aident à construire une culture de la vie partagée et du respect pour ce qui nous entoure.

Bien sûr, la mobilisation concerne également la politique et les diverses associations, sans oublier l’Église et ses institutions.

  1. Toutes les communautés chrétiennes ont un rôle important à jouer dans cette éducation. J’espère aussi que dans nos séminaires et maisons religieuses de formation, on éduque à une austérité responsable, à la contemplation reconnaissante du monde, à la protection de la fragilité des pauvres et de l’environnement. Étant donné l’importance de ce qui est en jeu, de même que des institutions dotées de pouvoir sont nécessaires pour sanctionner les attaques à l’environnement, nous avons aussi besoin de nous contrôler et de nous éduquer les uns les autres.

 

Le passage s’achève au n° 215 sur la nécessité d’une éducation esthétique.

  1. […] Prêter attention à la beauté, et l’aimer, nous aide à sortir du pragmatisme utilitariste. Quand quelqu’un n’apprend pas à s’arrêter pour observer et pour évaluer ce qui est beau, il n’est pas étonnant que tout devienne pour lui objet d’usage et d’abus sans scrupule.

En cette fin de printemps, où la nature est souvent si belle, sachons prendre le temps de nous arrêter pour contempler ce qui nous entoure, et pour entrer nous aussi dans la conversion écologique.

Merci de votre écoute, et à la semaine prochaine, chers auditeurs de Fleur de Sel.

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