Fleur de sel : L S 233-237 Les signes sacramentaux et le repos pour célébrer

Fleur de sel Société
La cinquième de Fleur de Sel commence comme s’est achevée la précédente, avec la lecture de l’encyclique Laudato si’. Nous retrouvons le sixième et dernier chapitre, Education et spiritualité écologiques. Après son invitation à changer de style de vie par la conversion écologique, François avait mis en avant le riche héritage de la spiritualité chrétienne pour accompagner la conversion, avec une insistance toute particulière sur la sobriété. Aujourd’hui, nous allons parcourir la sixième partie du chapitre, Les signes sacramentaux et le repos pour célébrer. Le passage est d’une grande richesse théologique et spirituelle, où François nous parle d’abord de la présence de Dieu en toute créature. Il poursuit avec une intéressante approche écologique des sacrements, en particulier de l’Eucharistie. Avec l’Eucharistie, c’est toute la journée du dimanche qui est sanctifiée, et « répand sa lumière sur la semaine tout entière et il nous pousse à intérioriser la protection de la nature et des pauvres ».

L S 233 237 Les signes sacramentaux et le repos pour célébrer 310821 Fleur de sel

Bonjour, chers auditeurs de Fleur de Sel. Nous sommes très heureux de vous retrouver pour la première émission de cette nouvelle saison de Fleur de Sel, la cinquième. Une saison qui commence comme s’est achevée la précédente, avec la lecture de l’encyclique Laudato si’. Avant l’été, nous étions parvenus à la fin du sixième et dernier chapitre, Education et spiritualité écologiques. Après son invitation à changer de style de vie par la conversion écologique, François avait mis en avant le riche héritage de la spiritualité chrétienne pour accompagner la conversion, avec une insistance toute particulière sur la sobriété. Aujourd’hui, nous allons parcourir la sixième partie du chapitre, Les signes sacramentaux et le repos pour célébrer. Le passage est d’une grande richesse théologique et spirituelle, que nous espérons vous faire goûter à travers quelques extraits.

Au n° 233, François nous parle d’abord de la présence de Dieu en toute créature.

  1. L’univers se déploie en Dieu, qui le remplit tout entier. Il y a donc une mystique dans une feuille, dans un chemin, dans la rosée, dans le visage du pauvre. L’idéal n’est pas seulement de passer de l’extérieur à l’intérieur pour découvrir l’action de Dieu dans l’âme, mais aussi d’arriver à le trouver en toute chose, comme l’enseignait saint Bonaventure : « La contemplation est d’autant plus éminente que l’homme sent en lui-même l’effet de la grâce divine et qu’il sait trouver Dieu dans les créatures extérieures ».

Après avoir cité Saint Bonaventure et un maître spirituel, soufi, Alî al-Khawwâç, le pape poursuit avec Jean de La Croix. Lisez le n° 234, qui reprend plusieurs extraits du Cantique Spirituel du grand mystique espagnol. François poursuit au n° 234 avec une intéressante approche écologique des sacrements.

  1. Les Sacrements sont un mode privilégié de la manière dont la nature est assumée par Dieu et devient médiation de la vie surnaturelle. À travers le culte, nous sommes invités à embrasser le monde à un niveau différent. L’eau, l’huile, le feu et les couleurs sont assumés avec toute leur force symbolique et s’incorporent à la louange. La main qui bénit est instrument de l’amour de Dieu et reflet de la proximité de Jésus-Christ qui est venu nous accompagner sur le chemin de la vie. L’eau qui se répand sur le corps de l’enfant baptisé est signe de vie nouvelle. Nous ne nous évadons pas du monde, et nous ne nions pas la nature quand nous voulons rencontrer Dieu.

Nos frères d’Orient nous aident à redécouvrir cette dimension incarnée de la spiritualité chrétienne.

« La beauté, qui est l’un des termes privilégiés en Orient pour exprimer la divine harmonie et le modèle de l’humanité transfigurée, se révèle partout : dans les formes du sanctuaire, dans les sons, dans les couleurs, dans les lumières, dans les parfums ». Selon l’expérience chrétienne, toutes les créatures de l’univers matériel trouvent leur vrai sens dans le Verbe incarné, parce que le Fils de Dieu a intégré dans sa personne une partie de l’univers matériel, où il a introduit un germe de transformation définitive : « Le christianisme ne refuse pas la matière, la corporéité, qui est au contraire pleinement valorisée dans l’acte liturgique, dans lequel le corps humain montre sa nature intime de temple de l’Esprit et parvient à s’unir au Seigneur Jésus, lui aussi fait corps pour le salut du monde ».

Dans ce passage, François cite par 2 fois Jean-Paul II. Nos frères orthodoxes ont particulièrement médité sur la dimension écologique de l’Eucharistie.

  1. Dans l’Eucharistie, la création trouve sa plus grande élévation. La grâce, qui tend à se manifester d’une manière sensible, atteint une expression extraordinaire quand Dieu fait homme, se fait nourriture pour sa créature. Le Seigneur, au sommet du mystère de l’Incarnation, a voulu rejoindre notre intimité à travers un fragment de matière. Non d’en haut, mais de l’intérieur, pour que nous puissions le rencontrer dans notre propre monde. Dans l’Eucharistie la plénitude est déjà réalisée ; c’est le centre vital de l’univers, le foyer débordant d’amour et de vie inépuisables. Uni au Fils incarné, présent dans l’Eucharistie, tout le cosmos rend grâce à Dieu. En effet, l’Eucharistie est en soi un acte d’amour cosmique : « Oui, cosmique ! Car, même lorsqu’elle est célébrée sur un petit autel d’une église de campagne, l’Eucharistie est toujours célébrée, en un sens, sur l’autel du monde ». L’Eucharistie unit le ciel et la terre, elle embrasse et pénètre toute la création. Le monde qui est issu des mains de Dieu, retourne à lui dans une joyeuse et pleine adoration : dans le Pain eucharistique, « la création est tendue vers la divinisation, vers les saintes noces, vers l’unification avec le Créateur lui-même ». C’est pourquoi, l’Eucharistie est aussi source de lumière et de motivation pour nos préoccupations concernant l’environnement, et elle nous invite à être gardiens de toute la création.

Avec l’Eucharistie, c’est toute la journée du dimanche qui est sanctifiée, rappelle le n° 237

  1. Le dimanche, la participation à l’Eucharistie a une importance spéciale. Ce jour, comme le sabbat juif, est offert comme le jour de la purification des relations de l’être humain avec Dieu, avec lui-même, avec les autres et avec le monde. Le dimanche est le jour de la résurrection, le ‘‘premier jour’’ de la nouvelle création, dont les prémices sont l’humanité ressuscitée du Seigneur, gage de la transfiguration finale de toute la réalité créée. En outre, ce jour annonce « le repos éternel de l’homme en Dieu ». De cette façon, la spiritualité chrétienne intègre la valeur du loisir et de la fête. L’être humain tend à réduire le repos contemplatif au domaine de l’improductif ou de l’inutile, en oubliant qu’ainsi il retire à l’œuvre qu’il réalise le plus important : son sens. Nous sommes appelés à inclure dans notre agir une dimension réceptive et gratuite, qui est différente d’une simple inactivité. Il s’agit d’une autre manière d’agir qui fait partie de notre essence. Ainsi, l’action humaine est préservée non seulement de l’activisme vide, mais aussi de la passion vorace et de l’isolement de la conscience qui amène à poursuivre uniquement le bénéfice personnel […] En effet, le repos est un élargissement du regard qui permet de reconnaître à nouveau les droits des autres. Ainsi, le jour du repos, dont l’Eucharistie est le centre, répand sa lumière sur la semaine tout entière et il nous pousse à intérioriser la protection de la nature et des pauvres.

Nous découvrirons la semaine prochaine, la fin de l’encyclique, où François propose quelques considérations théologiques fortes sur La Trinité et la relation entre les créatures, avant de conclure sur une note d’espérance.

Merci pour votre fidélité à Fleur de Sel, chers auditeurs. Nous vous souhaitons une bonne rentrée.

 

Partagez cet article

  • 0%