Philo & co : Accueillir l’étranger – avec Alain Policar – 1/5

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Que dit notre rapport aux étrangers de notre société contemporaine ? Pourquoi la peur de l’étranger persiste-t-elle malgré l’amélioration de nos connaissances ? De Platon à Kant,Philo & co vous propose l’analyse qu’en font les philosophes jusqu’au cosmopolitisme d’Alain Policar.

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Le dimanche 15 août, la capitale de l’Afghanistan, Kaboul se retrouve sous le contrôle des talibans. Une offensive éclair qui a amené les talibans à prendre le contrôle de la quasi-totalité du pays. Suite à ce putsch, de nombreux Afghans ayant collaboré avec le gouvernement américain se sentent menacés et essaient de fuir le pays. Le régime des talibans basé sur la charia fait également fuir les défenseurs des droits de l’homme. Selon un rapport confidentiel de l’ONU, les talibans auraient établi des « listes prioritaires » d’individus qu’ils souhaiteraient, et menaceraient des membres de leurs familles si leur proche ne se rendait pas.

C’est dans ce contexte que la ville de Nantes, comme d’autres villes françaises s’est dite prête à accueillir les réfugiés afghans. Sur ce dossier, ce ne sont pas les municipalités qui sont en première ligne mais le gouvernement. Cependant, la ville de Nantes peut compter sur un tissu associatif très actif et l’élu en charge de l’accueil des migrants Yves Pascouan assure que la métropole prendra toute sa part. N’oublions pas non plus que le flux de réfugiés, qu’ils soient politiques ou climatiques ne cesse d’augmenter dans le monde. L’accueil de l’autre, de l’étranger est un donc un sujet essentiel qu’il faut aborder avec toute la nuance nécessaire. Que représente l’étranger pour nous ? Que créer la confrontation à l’étranger où incertitude, inquiétude et fascination se bousculent dans un débat intérieur ?

Pour répondre à ces questions, nous entendrons le politologue français Alain Policar. Après avoir enseigné dans le secondaire puis à l’université de Limoges, Alain Policar est désormais chercheur associé au Cevipof (Centre de recherche politique de Sciences Po). Il a publié de nombreux ouvrages, dont « Comment peut-on être Cosmopolite » (Le Bord de l’eau, 2018)

En philosophie, l’étranger est une thématique qui a été abordée dès l’antiquité. Les vocabulaires latins et grecs désignent l’étranger en fonction de ce qu’il est par rapport à la Cité ; ainsi, le peregrinus n’est ni citoyen, ni Latin, ni barbare ; ressortissant d’une autre cité que Rome, il ne peut être automatiquement et pleinement citoyen car « la citoyenneté n’était pas associée, dans l’Antiquité, à un territoire ; elle consistait à appartenir à une communauté de droits. En conséquence, l’étranger n’est pas celui qui réside en dehors de l’état, c’est l’homme libre qui ne bénéficie pas de toutes les prérogatives du citoyen ».(Emmanuel Nal) Qu’est ce qui a entre la notion de l’étranger des sociétés antiques et celle de la France actuelle ? Réponse dans cet épisode !

 

 

Illustration: “Le harem, scène turque, odalisques et Turcs fumant des narguilés sur des coussins” Peinture de Gianantonio Guardi ou Giovanni Antonio Guardi (1699-1761)• Crédits : LEEMAGE – AFP

 

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