Philo & co : l’ambivalence de la figure de l’étranger – avec Alain Policar – 2/4

Philo & co Société

 Tout ce mois de septembre, nous vous proposons de mieux saisir en quoi la figure de l’étranger est à la fois celle qui fait peur et celle que l’on veut accueillir.

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Cette ambivalence se retrouve dans le débat qui se fait actuellement autour de l’accueil des familles afghanes. En effet, suite à la reprise du pouvoir par les talibans en Afghanistan après 20 ans d’occupations par les États-Unis, la France a mis en place un pont aérien pour accueillir les réfugiés Afghans fuyant ce régime totalitaire. À Nantes comme ailleurs, la maire Johanna Rolland a affirmer son intention d’accueillir ces réfugiés. La préfecture de Loire-Atlantique a d’ailleurs annoncé l’arrivée de 88 Afghans, mercredi 25 août, dans la commune de Piriac-sur-Mer. Il s’agit principalement de familles, hébergées dans un centre de vacances. Si la cohabitation se passe dans une grande sérénité avec les riverains de la colonie où ils sont hébergés et les touristes en résidence dans le centre de vacances situé juste à côté, les réfugiés afghans ne sont tous pas accueillis les bras ouverts par les Français.

D’où vient cette ambivalence de la figure de l’étranger? Comment faire face à cette crainte dans l’hospitalité ? Comment l’expliquer ?

Pour répondre à ces questions, Philo & co reçoit le politologue français Alain Policar. Après avoir enseigné dans le secondaire puis à l’université de Limoges, Alain Policar est désormais chercheur associé au Cevipof (Centre de recherche politique de Sciences Po). Il a publié de nombreux ouvrages, dont « Comment peut-on être Cosmopolite » aux éditions Le Bord de l’eau, 2018.

Dans le premier épisode de notre entretien, nous avons évoqué la racine grecque du mot « étranger ». L’étranger, c’est aussi le voyageur, d’ailleurs la racine latine hospes a donné les mots français “hospitalité” et “hôte” ; et ce mot “hôte” est ambivalent, car il peut aussi bien désigner celui qui reçoit que celui qui est reçu. Pour pouvoir accueillir l’étranger, il faut donc être capable de se reconnaître soit même « étranger ». L’hospitalité est à la fois un droit et un devoir quand on reconnaît l’étranger comme son alter égo. Cet « autre » qui nous apporte à la fois sidération et difficulté à reconnaître l’étrangeté en soi.

Illustration : L’homme au costume oriental – Rembrandt

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