Chronique que choisir : des labels de qualité contre le NUTRISCORE

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Le développement du NUTRISCORE est désormais irréversible, au-delà de la France qui l’a adopté en 2017. L’industrie agroalimentaire suit la tendance, à reculons. Mais les producteurs de produits typiquement français sous label se plaignent d’être pénalisés par l’affichage de l’excès de sel ou de gras.

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Les professionnels de spécialités locales ou typiques, comme le roquefort ou le foie gras, commencent à s’inquiéter. La grande distribution pousse à l’affichage systématique du NUTRISCORE sur leurs emballages, et certains produits bien français s’en sortent mal. C’est le cas pour toutes les préparations qui revendiquent leur goût, au risque de l’obésité. Ce n’est pas un hasard si le mécontentement provient essentiellement des producteurs en appellations protégées. Par définition, leurs ingrédients sont fixés par la tradition, et l’on ne peut plus revendiquer le label si l’on change la recette.

Des produits du terroir et d’autrefois, comme les charcuteries ou les fromages, présentent une teneur souvent élevée en graisses et en sel. Cela donne une mauvaise note nutritionnelle (classement D ou E au NUTRISCORE). Ainsi, de nombreuses filières se mobilisent pour faire échapper les spécialités alimentaires sous label à l’affichage nutritionnel. La pression s’exerce sur l’autorité européenne, amenée à se prononcer sur la généralisation du NUTRISCORE, à la place de l’étiquetage réglementaire actuel, illisible et peu éclairant pour les consommateurs.

En quelque sorte, cette querelle illustre l’affrontement des valeurs gastronomiques, contre les qualités nutritionnelles. Il est clair que les produits traditionnels et anciens se distinguaient par leur goût typique, renforcé par le gras et le sel, ingrédients séculaires pour enrichir ou conserver les aliments. Cependant, en ces époques reculées, l’obésité n’était pas un fléau, une préoccupation de santé publique. Aujourd’hui, il est clair que ces spécialités restent un délice, mais à condition d’une sage modération. C’est un choix de société, comme en beaucoup d’autres domaines : le chiffre d’affaires des entreprises, contre la santé de la population.

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