Chronique que choisir : assurances complémentaires trop chères

Chronique Que Choisir Société

Les compléments d’assurance en santé représentent un marché considérable, et les acteurs prolifèrent. Un livre récent dénonce leurs pratiques et leurs tarifs. Pour cet auteur indépendant, le profit est devenu la motivation essentielle de l’assurance santé, même chez certaines mutuelles.

Chronique que choisir_Assurances complémentaires trop chères_05112021

Le “Livre (très) noir des mutuelles” est signé d’un journaliste spécialisé dans l’économie de la santé, Daniel ROSENWEG. Il analyse le modèle et l’évolution des organismes d’assurance complémentaire, et ses conclusions sont extrêmement sévères. Selon ses calculs, le taux de redistribution est très favorable, et même pharaonique, pour les assurances complémentaires de santé. En effet, sur 38 milliards de cotisations encaissées en 2019, ces assureurs n’ont versé que 30 milliards en prestations. Presque 25 % de profits, c’est plus que profitable, et plutôt proche du scandale, en matière de santé. Le système est en réalité très inégal, puisque les bénéficiaires salariés sont plutôt protégés par des contrats négociés au mieux par leurs employeurs, et très stables dans la durée. En revanche, les chômeurs, retraités, parents isolés ou retraités supportent des tarifs peu discutés, mal expliqués. Ces contrats sont même trop souvent placés en force, dans un démarchage téléphonique ou un entretien en agence bancaire.

Cette situation résulte pour l’auteur d’un choix des pouvoirs publics pour maintenir un dispositif d’assurance complémentaire payant, plutôt que d’élargir la prise en charge par l’assurance maladie. Ce système a favorisé effectivement l’émergence d’un marché solvable et lucratif, avec des actifs salariés aidés par l’employeur, et des seniors prêts à payer cher pour se soigner. Mais le reste de la population doit être pris en charge par l’État, avec la couverture universelle. La mise en concurrence des assureurs est une nécessité pour ceux qui ne sont pas salariés : la résiliation du contrat est devenue plus simple, et l’obligation de publier le taux de redistribution est un critère pour se repérer sur les comparateurs.

Partagez cet article

  • 0%