Chronique que choisir : YUKA condamnée pour dénigrement des nitrites

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L’application YUKA est utilisée quotidiennement par des millions de consommateurs, qui vérifient les caractéristiques des aliments présentés en rayons. Son succès et son influence sur les achats dérangent les industriels, obligés de s’aligner sur les recommandations nutritionnelles publiques. Mais celles-ci ne sont pas toutes validées par les autorités de santé.

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Les recommandations nutritionnelles sont un objet d’affrontements entre les scientifiques, les autorités, et les industriels. Les clients orientent désormais de plus en plus leurs choix en fonction des indications fournies par les applications de notation comme YUKA ou QUEL PRODUIT. Dès lors, les professionnels de l’agro-alimentaire sont obligés de suivre. Mais cela bouleverse des habitudes, complique les fabrications, disqualifie des outils de production, et modifie le goût des aliments. Autant dire que les enjeux sont considérables. C’est la raison pour laquelle des organismes de la charcuterie industrielle ont engagé des procès contre YUKA, pour contester la stigmatisation des nitrites. Pour le moment, plusieurs tribunaux leur ont donné raison, en mai et septembre 2021.

Pourtant, les sels nitrités ajoutés aux viandes sont bien considérés par plusieurs études scientifiques comme de nature à favoriser le cancer colorectal. L’application YUKA rendait donc une notation de “risque élevé“, avec un lien vers une pétition pour l’interdiction définitive des nitrites dans l’alimentation. Les juges ont donc interdit à l’application de présenter les nitrates en charcuterie comme dangereux, en raison d’études scientifiques contradictoires sur le sujet, dont plusieurs sont rassurantes. Il est vrai que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) concluait en 2017 que “les nitrates et nitrites ajoutés aux aliments dans les limites autorisées sont sans danger“. On peut simplement s’interroger sur cet avis d’un organisme public dont plusieurs membres sont soupçonnés de conflit d’intérêt avec les industriels. L’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle, considère bien dans son avis que “la charcuterie est un cancérogène certain“, et “les nitrites et nitrates des cancérogènes probables“. Les responsables de YUKA ont fait appel de toutes ces condamnations.

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