Fleur de sel : Paroisse St Louis de Montfort

Fleur de sel Société
Une expérience paroissiale pour vivre Laudato Si’ concrètement: ce qui s’est réalisé à St Luc St Louis de Montfort à Nantes-St Herblain, malgré le confinement!

Paroisse St Louis de Montfort 150222 Fleur de sel

Bonjour, chers auditeurs de Fleur de Sel. Aujourd’hui, nous rencontrons un représentant du groupe Laudato Si’ de la paroisse St Luc – St Louis de Montfort,

Bonjour Matthieu, dis-nous comment s’est-il constitué ce groupe ?

nous étions quelques personnes à souhaiter partager et vivre le message de l’encyclique au sein de la paroisse. L’EAP nous a proposé de lancer un appel pour constituer un groupe. C’était en septembre 2020 juste après le premier épisode de la crise sanitaire, ce qui n’a pas facilité les choses ! Lors de la première rencontre nous avons commencé par partager nos expériences respectives par rapport à l’écologie, et qu’est ce qui nous parlait quand on évoquait Laudato Si’.

Très vite le groupe a souhaité passer à l’action. L’idée n’était pas d’animer ce groupe pour nous-mêmes mais pour sensibiliser et embarquer les paroissiens en leur proposant des actions concrètes. Le bulletin paroissial a été notre principal moyen de communication.

Quel est le message de Laudato Si’ qui a questionné le groupe

Ce qui nous a le plus marqué et inspiré c’est cette approche d’écologie intégrale à laquelle appelle Laudato Si’. Comment inscrire le souci de l’écologie dans toutes les parties de notre vie ? Comment traduire dans notre quotidien cette attention permanente à notre environnement, aux ressources, à nos relations aux personnes, au monde. Qu’est ce que ça implique ?

Et qu’est ce ce qui a été fait depuis le début de l’expérience

Par exemple à Noël, chaque semaine de l’Avent, nous avons proposé un extrait de Laudato Si avec une proposition de réflexion comme sur les notions de “Tout est lié” qu’est ça veut dire, ou “Moins est plus” quelle signification au moment de Noël.

L’idée c’était de dire qu’il était aussi possible de vivre cette fête autrement que dans la frénésie de consommation et en étant attentif à l’impact de nos choix. Pour les cadeaux, on peut regarder des produits d’occasion au lieu d’aller systématiquement sur du neuf. On peut fabriquer son sapin avec des morceaux de bois récupéré et le réutiliser d’une année sur l’autre. Les plats proposés au repas de Noël peuvent aussi être adaptés. Nous sommes aussi conscients que chaque personne peut être sensible à des dimensions différentes. Les changements auxquels nous sommes appelés sont importants et doivent être rapides mais il faut créer une adhésion, plus qu’imposer.

Il y a d’autres exemples ?

Pendant le carême nous sommes intervenus à chaque messe en citant un extrait de l’encyclique et en interrogeant sur la façon de le mettre en œuvre, en nous appuyant sur le parcours proposé par la campagne du CCFD.

Pendant la période du carême également, on avait placé des maisons en carton à l’entrée des deux églises pour recueillir les idées des paroissiens pour préserver notre maison commune, et à mettre en œuvre sur la paroisse.

La lecture de ces idées nous a amené à proposer deux actions.

La première c’est ce que nous avons appelé des balades éco-spirituelles

Tu peux préciser ?

L’idée c’était de se promener dans notre quartier, sans partir loin, de regarder ce qui nous entoure, et au cours de plusieurs pauses, on a lu des textes avec des questions posées pour faire résonner dans le concret les propositions de Laudato Si’’. La première balade proposait de prier avec les 5 sens et pour la seconde c’était plus une invitation à l’émerveillement sur ce qui nous entoure.

Et ça a marché ?

Oh oui, les gens étaient tellement contents qu’ils ont demandé de renouveler la proposition ! Des liens se sont créés avec des personnes qui ne se croisent pas souvent car la paroisse est sur deux endroits et les gens ne se connaissent pas forcément.

Et la deuxième action ?

Dans les idées remontées, les personnes se questionnaient sur des sujets du quotidien comme fabriquer ses propres produits ménagers, comment et pourquoi trier ses déchets, faire un compost collectif sur la paroisse, ou des propositions plus complexes comme équiper le toit de l’église en panneaux solaires.

Et alors …

Comme on a la chance d’avoir des personnes ressources sur plusieurs de ces sujets, on s’est dit qu’on pouvait proposer de l’information et expérimenter de façon concrète sous forme d’atelier lors du dernier repas partagé de l’année.

Qu’est ce que c’est ?

Régulièrement sur la paroisse, il est proposé de partager un repas après la messe du dimanche. Donc pour celles de juillet on a proposé de la prolonger avec 4 ateliers. La promesse était d’aborder des sujets du quotidien en lien avec l’écologie en 30 minutes.

Quels sont les thèmes que vous avez retenus

Il y avait : → fabriquer  ses propres produits ménagers, → Trier ses déchets en conscience pourquoi et comment, → Comment fonctionne le compost.

Il faut dire que nous avons la chance d’avoir une personne très compétente sur ce sujet, Michel, il s’occupe de plus d’une dizaine de composteurs pour la paroisse. Avec le compost il fait pousser 90% des fleurs qui servent à la décoration florale des églises.

→ Enfin le dernier thème concernait les funérailles écologiques. une paroissienne a approfondi le sujet et a sensibilisé beaucoup de personnes avec un sujet qui paraissait plutôt délicat.

Comment ont réagi les paroissiens ?

Très positivement,  il y a eu une cinquantaine de personnes qui ont participé à ces ateliers..

Sur la démarche globale, quelles difficultés avez-vous rencontré

C’est difficile d’embarquer du monde pour étoffer le groupe, et puis le contexte sanitaire n’a pas été très aidant.

Et qu’est ce que le groupe compte faire dans l’avenir, quels projets a-t-il ?

On souhaite  recommencer l’animation spirituelle, notamment pendant le carême avec le CCFD, et participer à l’animation de messe comme c’est le cas pour chaque groupe dans la paroisse ! Et bien sûr réitérer les balade ecospirituelles.

Ce qui nous guide c’est “ comprendre pour agir”. Aussi on veut faire intervenir des personnes ressources sur des sujets bien concrets comme organiser une visite de l’usine Arc en Ciel de tri des déchets  à Couëron, ou encore comment réduire les consommations d’énergie de la paroisse, proposer aux personnes qui le souhaitent d’apporter leur biodéchets dans le compost paroissial, des formations et lever les freins sur l’utilisation sur le vélo,…. c’est le cas de le dire ! On pensait même  avoir une intervention sur la finance verte et les placements solidaires. Ce ne sont pas les idées qui manquent.

En terme de formation nous avons identifié le parcours du Christ Vert, qui nous semble intéressant pour entrer dans cette dimension de l’écologie intégrale et comment la vie de Jésus peut être une source d’inspiration puissante pour porter cette écologie dans les différentes dimensions de notre vie

Enfin, est ce que vous avez la volonté d’utiliser l’outil label Église verte ?

On a regardé la démarche d’église verte. Après plusieurs discussions et en accord avec l’EAP nous avons décidé de ne pas nous engager dans la démarche formelle de labellisation dans un premier temps car  elle est assez exigeante et nous n’avons pas les ressources pour bien la mener. Par contre nous allons utiliser les outils, très bien faits, de diagnostic.

 

Merci Matthieu, toutes ces idées peuvent être sources d’inspiration pour d’autres paroisses.

 

A bientôt chers auditeurs à la semaine prochaine pour une nouvelle émission Fleur de Sel.

 

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