Chronique Que Choisir : Banque : conseiller bancaire au téléphone, arnaque

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Les fraudes bancaires prolifèrent, avec des ruses de plus en plus élaborées. Le scénario le plus souvent observé désormais est celui du faux conseiller bancaire, qui fait valider l’opération au téléphone, après avoir affolé le client sur une escroquerie en cours. C’est évidemment la fraude elle-même que le titulaire de la carte bancaire permet d’opérer, en transmettant son code personnel.

conseiller bancaire au téléphone arnaque 040422

Les récits de mésaventures vécues par des porteurs de carte bancaire trompés par un faux appel téléphonique de leur conseiller bancaire se multiplient.

Le plus souvent désormais, l’escroc se fait passer pour le service de sécurité de la banque ou un conseiller de clientèle. Il annonce une opération suspecte repérée, pour laquelle le titulaire du compte va recevoir un code, pour empêcher la fraude. Le client qui suit ces indications et transmet son code à son interlocuteur ne fait en réalité que valider les achats annoncés comme irréguliers. L’escroc peut ainsi enchaîner plusieurs débits successifs, lorsque le client trompé ne se méfie pas. Il les valide les uns après les autres, en croyant les empêcher.

Des consommateurs se font ainsi délester de plusieurs centaines, et parfois plusieurs milliers d’euros. La plateforme gouvernementale “Cybermalveillance” observe une nette augmentation de ce scénario depuis l’été 2021. Les voleurs se renseignent sur les titulaires de carte bancaire dont ils ont capté les numéros, avec leurs publications sur les réseaux sociaux. Ils mettent ainsi en confiance leur victime, parce qu’ils ont aussi récupéré le nom de l’agence bancaire.

Dans ces conditions, la banque refuse souvent de rembourser, car elle soutient que son client a fait preuve de “négligence grave” en se laissant trop facilement tromper, alors qu’un porteur de carte “normalement averti” ne communique pas ainsi son code confidentiel. Le service bancaire souligne que c’est le titulaire du compte qui a validé lui-même les débits litigieux : il ne peut donc pas prétendre à un défaut de consentement.

Déposer plainte ne sert strictement à rien, car la police et la gendarmerie ont bien d’autres priorités. Compte tenu des sommes en cause, et du nombre de victimes, le procureur prononcera un classement sans suite.

Le mieux est de s’adresser à une association locale de l’UFC-Que Choisir, car la loi oblige le banquier à faire la preuve d’une réelle faute grave du client, et fournir la trace de l’enregistrement régulier de l’opération.

 

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