De belles histoires

 

Au pied du sapin, à peine fané du noël passé, on les voit qui titillent les guirlandes éteintes et les branches suintantes de résine ; Ils rêvassent et ressassent les cadeaux qu’hier ils déshabillaient de leur papier d’argent, enthousiaste à l’idée de ces nouveaux objets qui encombreraient leurs rêves fantasques, au milieu de leurs nuits étoilées.

Dans la cour de l’école, ils s’égayent autour du tilleul, …qui lançant des billes aux mille couleurs, qui grimpant au ciel d’une marelle aux contours effacés, qui scrutant dans l’arbre les oiseaux pépiant, levant vers eux leurs petites mains pleines des miettes glanées à la cantine .

Dans leurs jeux si sérieux, aux branches de l’arbre qui les protège, les écoliers accrochent les comptines et les fables qu’ils ont entendus au bord de leur sommeil, leur mère, leur père penchés, sur leur visage lisse, que le vent de la nuit venait cueillir.

C’est ainsi qu’ils grandissent bercés par les paroles des plus grands et c’est ainsi qu’ils deviennent poète, pompier, médecin, menuisier, conteur…poursuivant les rêves que les mots ont sculptés dans leur mémoire , formant les vœux les plus fous d’une vie à bâtir , les mains pleines du désir transmis …

Il faut donc inventer des histoires aux enfants : des loups qui dévorent, des chiens courageux, des hommes qui pondent des œufs durs pour le pique-nique, des accidents terribles avec force grimace, douleur et raisiné, des djinns rigolards qui font des blagues aux humains, voir des tempêtes sublimes qui déposent ,dans les jardins , des cloches affolées mais délicieuses …

Le rêve et la magie doivent faire partie de leur quotidien, l’enchantement doit être leur viatique ; C’est la condition pour qu’ils croissent avec ardeur et enchantent le monde qui sera le leur …

Car Point n’est besoin de leur raconter trop tôt le monde tel qu’il est , avec ses affres, ses torsions, ses conflits, ses haines et ses angoisses ; ils en sauront bien assez et bien assez vite pour que leur enfance puisse être considérée comme un sanctuaire, une parenthèse initiale dont les contours ouateux protègent de l’ardeur du monde à s’embraser

 

Ainsi, quand un enfant parait dans l’orbite de notre influence, parents, professeurs, éducateurs, nous devons nous faire, chacun, les conteurs attentifs et bienveillants de belles et de terribles histoires ; pour qu’un monde meilleur accouche demain, moins incertain, plus serein :

…où les mains se tendraient pour ne plus se taper avec,

 

Que L’année qui s’annonce soit une belle histoire pour tous, y compris pour cet enfant qui affleure dans nos yeux d’adulte

 

De Belles Histoires - Le billet d'humeur
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