Le fenugrec n’est pas seulement cette épice utilisée dans les cuisines indienne et méditerranéenne. Connu depuis l’Antiquité, surnommé la graine joyeuse, le fenugrec fait partie des plantes vertueuses bien connues des herboristes.

Ce n’est qu’au Ier siècle que le fenugrec est mentionné pour la première fois en tant qu’épice par un médecin Grec du nom de Dioscoride, dans son ouvrage intitulé De materia Medica. Un siècle plus tard, il entrera dans la composition d’une huile dont s’enduisent les sportifs de cette époque. Dans l’Europe médiévale, il est cultivé en tant que plante médicinale.

De la famille des Fabacées, cette légumineuse appartient au genre Trigonella, qui donna au fenugrec l’un de ses noms courants, la Trigonelle, nom donné en raison de la forme anguleuse de la corolle de ses fleurs.

L’étymologie du fenugrec signifie littéralement foin grec et témoigne de sa culture comme fourrage mais certains de ses noms courants, comme sénégrain ou la graine joyeuse, illustrent l’importance accordée à ses graines.

On se servait déjà des principes aromatiques du fenugrec dans l’Égypte des pharaons, 1500 ans avant J.-C., pour embaumer les morts et purifier l’air des habitations et des lieux de culte, car en plus de ces vertus tonifiantes, on lui attribuait le pouvoir de combattre les infections respiratoires.

Le père de la médecine Hippocrate fut un des premiers à recommander l’usage du fenugrec à des fins thérapeutiques. Il recommandait de l’utiliser en usage externe pour traiter les plaies et les infections.

Le fenugrec fleurit de la mi-juin à la mi-juillet. Ses fleurs sont blanchâtres ou jaunâtres. Ses feuilles se présentent trois à trois comme le trèfle et ses tiges peuvent atteindre jusqu’à un mètre de hauteur. Ses gousses, longues d’une dizaine de centimètres, qui contiennent douze à quinze graines de couleur jaune d’or ont été comparées à des cornes de bœuf ou de chèvre .

Mentionné par Dioscoride, Galien, ou encore Pline, pour qui sa farine serait la plus douce de toutes, le fenugrec prospère sur tout le bassin méditerranéen. Il est cité dans le Capitulaire de Villis de Charlemagne, qui liste les plantes préconisées à cultiver dans les jardins royaux, y trouvant une place de choix comme plante utile pour les humains .

Le fenugrec est très utilisé dans de nombreux pays et il entre dans la composition de quantités de mélanges pour lesquels il est souvent préalablement moulu: carry et garam massala indiens, ras-el-hanout et tajines d’Afrique du Nord, colombo antillais. Dans tous ces mélanges, c’est surtout sa propriété de « liant » dans les plats qui est apprécié. En effet, la graine (ou plutôt la poudre qui résulte de son broyage), gonfle et s’assouplit au contact de l’eau ou des aliments.

Avant son emploi, la graine entière doit être grillée dans une poêle avant d’être intégrée dans la cuisine, ce qui lui fait perdre une partie de son amertume et la rend aussi plus facile à écraser. Le fenugrec entre d’ailleurs dans la composition des « graines à roussir », l’un des constituants du colombo.

Mais à côté de ces utilisations culinaires, le fenugrec est aussi bourré de vertus pour notre santé.

  • L’odeur de la graine écrasée est particulière, un peu « épaisse ». Mais le fenugrec est donc une graine pleine de bienfaits pour l’organisme qui contient notamment des vitamines (A, B1 B2, B3, B6, B9) et de la vitamine C de nombreux minéraux tels que du calcium, du cuivre, du fer, du magnésium, du manganèse, du phosphore, du potassium et du zinc ;
  • des alcaloïdes comme la trigonelline ;
  • des stérols végétaux comme la diosgénine ;
  • des saponines ;
  • des dérivés d’acides aminés
  • des polyphénols dont des flavonoïdes.

Parmi ses nombreuses vertus, le fenugrec augmente la lactation des mamans et ses graines, riches en glucides, constituent aussi un vrai fortifiant!

Si on souhaite utiliser le fenugrec pour ses vertus médicinales, on peut consommer les graines écrasées, mais on peut aussi boire l’eau dans laquelle on les a fait macérer quelques heures, souvent additionnée de miel pour en améliorer le goût qui reste un peu amer.

On peut aussi faire germer les graines et consommer les jeunes pousses en salade.

Les graines de fenugrec ont une saveur sucrée et forte aux nuances de caramel, de sirop d’érable et de café. Elles se marient très bien avec différentes sortes d’aliments et de plats. Elles sont parfaites avec des légumes comme le potimarron ou la patate douce mais aussi avec des fruits secs comme les noix. Elles apporteront une saveur particulière et délicieuse associées à du bœuf ou de l’agneau ainsi qu’au poisson. Elles sont très bonnes ajoutées à des conserves, dans un chutney ou un confit.

Le fenugrec entre aussi dans la fabrication du Viandox et dans la création d’épices pour la cuisine ayurvédique à base de curry que je vous propose de découvrir avec une nouvelle recette dès demain .

LE FENUGREC