A la découverte du Sandre de Loire !

Il y a encore une trentaine d’années, on accusait le sandre de tous les maux, d’être le requin d’eau douce, le fossoyeur des autres espèces de carnassiers. Il a même été classé nuisible car porteur sain dans son intestin du ver nématode Bucephalus Polymorphus dont les larves s’enkystaient dans les muscles des autres poissons en provoquant leur mort.

Depuis tout a changé et c’est le silure qui a pris la place du grand méchant poisson, jusqu’à ce qu’un autre le détrône un jour….

Étonnamment l’espèce sandre en général n’était pas présente en Europe occidentale avant son introduction au vingtième siècle. On retrouve des espèces de sandres en Russie, dans le Danube mais aussi sur le continent nord américain.

Le sandre est appelé Sander lucioperca par les scientifiques mais il était auparavant nommé Stizostédion lucioperca. On le retrouve sous cette appellation dans plusieurs sites internet étrangers.


Historiquement le sandre est apparu en France lors du début du 20 ème siècle. Les premiers capturés en Europe de l’ Est l’ont été dans le Rhin en 1888 puis en France dans la Meuse en 1912, le Doubs en 1915 et la Saône et 1920 puis il a rejoint le Rhône et Loire dans les années 30.

De là est ensuite venu son expansion avec de plus la maîtrise de sa reproduction en pisciculture. C’est un nommé Zoltan Corchus qui le premier maîtrisera parfaitement la reproduction de ce carnassier dans une pisciculture située en Camargue. Père spirituel de l’élevage du sandre, il sera l’un des acteurs qui auront œuvré à son introduction sur la totalité du territoire Français à partir de 1953 et qui auront permis son acclimatation.

On sait que la population de sandres a explosé durant un temps avant de redevenir plus stable. Les pêcheurs n’ont vraiment découvert sa pêche que vers la fin des années 60 lorsque certains ont découvert des techniques qui permettaient de les attraper par dizaines.

Le sandre est un poisson qui comme la perche aime vivre en banc de même taille, plus il sera gros plus il aura tendance à devenir solitaire.

Il grossit assez vite, un sandre âgé d’un an peut mesurer jusqu’à 25 cm si la nourriture est abondante. A deux ans il peut atteindre 35 à 40 cm et devient apte à se reproduire Il grandit ensuite d’environ 10 cm par an mais c’est une moyenne qui varie en fonction des biotopes et des individus.

Le sandre se reproduit, en général, d’avril à juin, lorsque l’eau atteint une température de 12 à 15°C. Il recherche alors les fonds propres (graviers, sable), garnis de végétation courte et assez dure, de fines racines enchevêtrées, de tiges herbacées noyées.

En l’absence de ces éléments, il peut frayer sur des cailloutis et même des débris de briques et de tuiles. C’est là, pourvu que le courant soit nul ou faible, que le mâle prépare un nid dans une faible profondeur d’eau. En général il y a un mâle et une femelle par nid. Le mâle garde le nid pendant les premiers jours de l’incubation et peut se montrer très agressif.

Ils sont particulièrement attentifs à la préservation de l’aqua-biodiversité de nos eaux à travers le développement d’activités durables permettant de conserver leur bon potentiel écologique.

Chassant en groupe, de préférence la nuit , car il est doté d’une très bonne vision nocturne, le sandre attaque les fretins en bancs, en tuant et blessant le plus possible. Après le carnage, il dévore ses victimes en les recherchant longuement sur le fond.

Leur savoir-faire permet d’accompagner et de valoriser différentes pêcheries artisanales durables mettant notamment en œuvre des pièges non létaux (capture du poisson vivant) et sélectifs pour exploiter durablement des espèces abondantes et contribuer à réguler les espèces invasives. Équipés de viviers, ils préparent leurs sandre, brochet ou silure selon la méthode IKEJIME (technique d’abattage Japonaise limitant la souffrance).

LE SANDRE DE LOIRE