Je vous emmène aujourd’hui à la découverte du coco de Paimpol .

. Ce haricot blanc qui fait partie de la famille des légumineuses est cultivé en Bretagne depuis 1928, quand un marin Claude le Diaoul, surnommé « Coco le coco » en raison de ses convictions communistes à rapporté des graines d’argentine

Il l’a d’abord planté dans son jardin puis cultivé sur les parcelles vivrières des femmes de pêcheurs, le Coco de Paimpol a été rapidement adopté par les agriculteurs, c’est comme cela qu’il est aujourd’hui cultivé dans le Nord-Ouest des Côtes-d’Armor.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, ce haricot permet aux habitants de s’alimenter, alors que la région connaît une grave période de pénurie.

Jusqu’en 1948, sa culture était limitée dans l’espace et destinée exclusivement à la consommation familiale.

La commercialisation s’est développée après la seconde guerre mondiale et ceci principalement en demi-sec et en gousses en raison d’une part de la difficulté du travail d’écossage (seul type de haricot blanc dont la gousse ne possède pas ou très peu de fil et de parchemin) et d’autre part des qualités digestives et organoleptiques du produit demi-sec.

En France, le Coco de Paimpol a été le premier légume frais à obtenir une appellation d’origine, au niveau national, en 1998, avec l’AOC (Appellation d’Origine Contrôlée), puis au niveau européen, en 1999, avec l’AOP (Appellation d’Origine Protégée).

Deux ans après l’obtention de ce label , est née la confrérie du Coco de Paimpol, « afin de le faire connaître dans toute la France, de promouvoir ce produit de qualité, de tradition et de terroir. »

Aujourd’hui, la confrérie, une dizaine de familles, présidée par son grand maître, Henri Pleiber, a intronisé 68 personnalités comme Denis Seznec, Dan ar Bras, Erik Orsenna, Fabienne Thibault, Lionel Lemonchois, jean yves le Drian … La confrérie est bien évidemment associée à la fête du Coco de Paimpol, qui se déroule tous les deux ans. Elle se déplace également à l’invitation d’autres confréries, afin de valoriser le produit en dehors du département.

L’habit des confrères porte les couleurs de la gousse du Coco de Paimpol à maturité : jaune aille, marbré de violet.

Le Coco de Paimpol AOP est intégralement récolté à la main et commercialisé en frais en gousse mais également, depuis peu, en barquette de grains prêts à l’emploi ou congelés.

Les 200 producteurs au savoir-faire reconnu respectent un cahier des charges rigoureux, du semis, à partir de mi-mars, à la commercialisation, de mi-juillet à octobre (avec un pic de production entre fin août et début octobre). La récolte du Coco de Paimpol AOP illustre parfaitement le caractère unique et exigeant de ce légume. Chaque année, dès le mois d’août, ce sont des milliers de cueilleurs qui ont à cœur de maintenir la tradition de la récolte selon la technique dite du « plumage », en référence au geste du plumage des volailles posées sur les genoux, remplacées ici par les brassées de feuillages dont il faut séparer manuellement les gousses solidement attachées aux tiges. On les appelle d’ailleurs les plumeurs.

Le rendement est de 8 à 12 tonnes tonnes par hectare, il faut donc prévoir 10 à 15 personnes par hectare pour les cueillir et les préparer à raison de 130 kg par plumeur . Un travail de forçat.

Aujourd’hui, l’Union des Coopératives de Paimpol et Tréguier (UCPT), créée en 1974, regroupe la totalité de la production organisée du département des Côtes d’Armor et assure le développement régulier de cette production localisée principalement dans cette région.

Pauvre en glucides, le Coco de Paimpol est une légumineuse riche en protéines. Il est ainsi recommandé dans les régimes pauvres en viande ou en cas de diabète. Il convient également aux sportifs, car son énergie est distribuée sur une longue période. Il est riche en potassium, calcium, magnésium, phosphore, ainsi qu’en vitamine B1.

COMMENT PRÉPARER LE COCO DE PAIMPOL ?

Enlevez les grains de la gousse si vous n’avez pas acheté la barquette des grains de coco prêts à l’emploi. Cette légumineuse ne nécessite pas de trempage avant cuisson, vous pouvez par contre rincer les grains avant la cuisson.

1 kg de Coco de Paimpol donne environ 400 /450 g de grains : c’est une portion idéale pour 3 ou 4 personnes.

COMMENT CONSERVER LE COCO DE PAIMPOL ?

Les cocos de Paimpol frais en gousses doivent être écossés immédiatement après l’achat. Une fois écossés les Coco de Paimpol doivent être cuisinés ou congelés le jour même.

Pensez à la congélation : en grains, le coco se congèle très facilement sans perdre ses qualités. Il se cuisine ensuite comme du haricot frais, pouvant être savouré toute l’année.

. Il est inutile de laver les grains ou de les blanchir

Par contre, il se conserve mal dans sa gousse : cuisinez-le ou congelez-le le plus tôt possible après l’achat.

Le Coco de Paimpol est excellent en salade. Mais attention : laissez-le refroidir et maintenez le dans son eau de cuisson avant de le servir. Sinon, le grain se fripe et se dessèche. Le conseil est valable si vous réservez votre coco pour une préparation ultérieure.

Je vous invite à découvrir une nouvelle recette de coco de paimpol dans une prochaine émission

L’ingrédient du Chef : Le coco de Paimpol 6 octobre 2022 5 recettes a la une
Le coco de Paimpol, Un produit de qualité, de tradition et de terroir