Les mythes sont éternels

 

Les mythes sont éternels et essaiment le paysage : c’est la maison en léger surplomb au centre du village, la voiture lustrée devant la porte, tous chromes étincelants, le chien forcement méchant qui garde l’entrée, la statuette (nain de jardin ou Venus grecque) , sur la gazon , qui anime le décor …parfois au mépris de l’esthétique.

 

Ces mythes, ces fantasmes collectifs, racontent, en filigrane, la place à occuper dans la communauté, le désir, la crainte, la recherche de la puissance, de la beauté mais aussi la tentation de s’extraire de cette condition humaine qui nous réduit souvent, et c’est insupportable, à presque rien.

D’une certaine manière, on impose, on s’impose un ordre dans une espèce de chaos terrifiant devant une fin inenvisageable

On veut Être autre, plus grand, plus fort, plus désirable, un demi-dieu encensé, reconnu, adulé par l’autre, les autres, par le plus grand nombre, utilisant pour cela tous ce que la modernité procure : réseaux sociaux, plateforme de partage, blog, forum …mais on reste, malgré tout, ce « petit d’homme » insignifiant et non cette idole sur Instagram qui donne à voir une vie « rêvée » aussi factice qu’un décor de théâtre.

Nous agissons comme d’éternels enfants, guidés par des caprices et des désirs inavouables. : bref, c’est là qu’est l’homme dans toute sa splendeur, son ignorance mais aussi sa candeur et sa faiblesse quand il agrège ses mythes revisités à la sauce « petits bourgeois »

Conscient de cela, faut-il pour autant occulter son désir, rabougrir ses phantasmes et devenir cet homme tranquille, vertueux et moralisateur qui se promène le long du fleuve, sans jamais y plonger.

Mythes Eternels - Le billet d'humeur
ces fantasmes collectifS