L’actualité fait parfois bien (ou mal les choses) : en effet, je découvre le même jour deux histoires exactement inverses, pour le même prix. En effet, en Louisiane, voyant un homme qu’il pensait démuni, un garçon de 9 ans, Kelvin Ellis, s’est montré solidaire en lui cédant son unique dollar. Mais celui qu’il croyait être un SDF était en réalité un très riche chef d’entreprise Matt Busbice. Celui-ci, alors qu’il venait tôt matin d’être tiré du lit par son alarme incendie, se rend dans un café, vêtu de vêtements dépareillés. Hagard, il se poste devant l’établissement et ferme les yeux, en profitant pour faire sa prière matinale.

C’est à ce moment qu’arrive Kelvin, qui lui glisse un dollar dans la main, le prenant pour un sans domicile fixe. Un geste qui touche profondément le chef d’entreprise. Cherchant à rendre la pareille au garçon bienveillant, l’homme d’affaires de 42 ans décide de payer l’addition pour lui et son père. Il offre également à son bienfaiteur la possibilité de prendre ce qu’il veut au magasin de produits de sports qu’il possède. Le jeune garçon explique qu’il avait eu ce dollar en récompense d’une bonne note à l’école et qu’il attendait depuis longtemps l’occasion d’aider un SDF. Une belle histoire qui fait dire au chef d’entreprise : «Je n’ai pas eu autant de foi en l’humanité depuis très longtemps». Cette histoire me touche particulièrement  car j’ai vécu la même expérience. Alors que je m’étais assis dans la rue, contre un mur, perclus de fatigue et dans la pénombre, une belle âme m’a pris pour un clochard et m’a proposé de l’argent. De quoi être optimiste.

Et l’autre histoire, avec un euro ?

L’autre histoire est triste et désespérante. De fait, une employée des toilettes publiques de la gare Montparnasse, en poste depuis six ans  a été licenciée pour « faute grave ». Son tort ? Avoir été filmée en train de prendre un euro de pourboire déposé par un client. Une pièce que la « dame pipi », en poste depuis six ans, a récupérée. Pour elle, il s’agit d’un pourboire. Pour son employeur, c’est une pièce volée, car les pourboires sont pour l’entreprise et non pour ses salariés.

La sagesse populaire a vraiment raison quand elle nous enseigne que l’argent est un bon serviteur et un mauvais maître.

Pour un dollar, joie et bonheur, pour un euro, tristesse et malheur