Bonjour à tous, ce matin je voudrais vous parler d’un mal, répandu dans toutes les communautés, les pays, à toutes les époques : s’accrocher au pouvoir.

Par exemple Si Nelson Mandela, dont on a célébré le 10e anniversaire de la mort récemment, a mené l’Afrique du Sud de manière inspirée et charismatique, vers la chute de l’apartheid et la Liberté, qu’a-t-il ensuite réellement apporté à son pays en devenant Président? N’aurait-il pas dû passer le relai après avoir glorieusement vaincu l’apartheid ?

Autre grande figure du XXe siècle, cet ancien électricien, fondateur de Solidarnosc en Pologne et prix Nobel de la Paix en 1983, Lech Walesa a réussi avec d’autres à repousser le régime communiste inféodé à l’URSS. Mais était-il compétent pour gérer la Pologne vers la vie démocratique, l’économie de marché en devenant président de ce pays ?

En d’autres termes, certains sont bons pour mener des combats, s’opposer avec détermination en entrainant les foules avec un élan remarquable, communiquant un beau courage. Et d’autres excellent à organiser, gérer les priorités, appréhender les grands enjeux économiques et politiques, trouver les talents pour former des équipes. Il faut savoir passer le témoin.

Les Grecs en avait eu l’intuition en créant l’ostracisme, qui depuis a un sens péjoratif mais qui permettait aux citoyens, réunis en assemblée, de bannir un de ses membres devenu suspect par sa puissance, son ambition personnelle.

Ici ou là les petits chefs, les barons confortablement installés dans leur fonction, les héros bourrés de confiance en eux oublient de faire la place aux autres. Ceux-là même qui sauront davantage gérer la situation une fois le travail des premiers accompli de belle manière d’ailleurs.  Il y a ceux qui savent se retirer des affaires et ceux qui savent passer le témoin. Cela devrait s’apprendre, pour éviter l’ostracisme.

Pourquoi l’ostracisme n’a pas perduré dans l’Antiquité grecque ? Parce que les citoyens qui votaient l’ostracisme le faisaient par jalousie mesquine ou manigance politique. Un effet pervers de la manière dont est utilisé le vote, ce fameux pouvoir. Bref tout est une question de lucidité et ça tombe bien le jour de la Sainte Lucie !

Pouvoir et Bannissement - le Billet d'humeur
une affaire de lucidité