Et si nous revenions sur la coupe du monde de foot ?

Maintenant que les passions liées à la coupe du monde de foot se sont quelque peu éteintes, je me permets de revenir sur cet événement mondial singulier qui avant qu’il ne débute avait suscité maintes contestations et même des appels au boycott. Rappelez-vous : à l’automne dernier à mesure que l’événement se rapprochait des voix diverses, plutôt à gauche et à l’extrême-gauche (sportives, artistiques et politiques) s’élevaient pour dénoncer trois réalités liées à l’organisation de cette coupe du monde par le Qatar : d’abord le sort tragique des ouvriers immigrés (des milliers de morts) qui ont construit les infrastructures, ensuite la discrimination dont sont victimes les femmes en terre islamique, enfin et surtout et ce fut le plus médiatique, la persécution dont sont victimes les LGBT dans ce pays qui réprime l’homosexualité. Fallait-il aller au Qatar pour les dirigeants politiques ? Regarder les matchs à la la télé ? Organiser des fans-zones dans les grandes villes ? Certaines ont décidé que non.

 

Et puis la coupe du monde a commencé. Et comme par magie tout cela s’est évanoui , par la magie du sport, du spectacle et surtout des passions patriotes, nationales et même chauvines, générales, qui se sont exprimées à mesure que la finale approchait ; finale France-Argentine qui a déclenché des passions insensées : Argentins, mauvais gagnants à l’image de leur gardien de but, et Français, très mauvais perdants, accusant bien sûr l’arbitre (pauvres arbitres !) et lançant une pétition pour rejouer le match ; et suscitant une contre-pétition argentine et mondiale demandant aux coqs français d’accepter leur défaite, humiliante certes, mais bien réelle. Argentins dénoncés comme tous blancs, et Français moqués car tous noirs en fin de match, sauf le gardien. Passions nationales très vives aussi autour de l’équipe du Maroc vaincue par la France en demi-finale : un parfum de revanche et de combat contre l’ancien colonisateur, mais aussi du monde arabe contre le monde occidental et même du monde musulman contre les chrétiens. La France laïque et multiconfessionnelle, symbole du monde chrétien, il fallait oser. Car les sujets initiaux de contestations (LGBT, femmes, immigrés exploités) ont été balayés, y compris à gauche, par les questions nationales et religieuses, bref identitaires.

 

De quoi se poser des questions sur ce qui est vraiment important.

 

 

 

 

 

 

 

 

Retour sur la Coupe du monde Foot - Le Billet d'humeur - vendredi 20 janvier 2023
Eric Picard revient sur l'évènement sportif de la fin d'année 2022 au Qatar