Hommage à Alexandre Soljénitsyne

 

Loin de la fureur des guerres, des divisions politiques dérisoires, je voudrais aujourd’hui rendre hommage à Alexandre Soljénitsyne, un écrivain russe né en 1918 et mort en 2008. Il a traversé le siècle du totalitarisme communiste. C’est un auteur que j’ai la chance et le bonheur de lire, et relire, et étudier depuis plusieurs dizaines d’années. Une œuvre multiforme, d’un souffle puissant et épique, d’une humanité profonde, pleine de poésie, d’humour et de fureur. Une œuvre consacrée par le prix Nobel de littérature et surtout une œuvre littéraire, historique et politique qui donne à penser. C’est un maître, un de ces géants, sur les épaules duquel, le nain que je suis  semble plus grand et voit le monde de plus haut et de plus loin. Décembre est un mois particulier pour lui : non seulement il est né le 11, mais fin décembre 1973, il fait paraître un ouvrage dont la portée historique fut énorme, une véritable bombe littéraire, d’une puissance sans pareille, car elle a changé la face du monde: l’Archipel du Goulag, oeuvre formidable, fondée sur sa propre expérience du goulag et surtout sur les milliers de témoignages de zeks, comme lui, c’est-à-dire de déportés dans les camps de concentration  communistes. Bombe qui allait dévoiler au monde, comme personne avant lui, l’ampleur des crimes communistes, et en particulier ses mensonges, son mensonge fondamental : promettre le paradis sur terre, et réaliser l’enfer dès ici bas.

 

IMPORTANCE DU MENSONGE …

 

Et Soljenitsyne revient souvent sur cette question du mensonge, mensonge collectif et politique, qui ne doit pas passer par moi; et c’est ainsi que je serai libre, car la vérité rend libre. Mensonge dégradant et satanique qui inverse les valeurs : le laid devient le beau, le faux devient le vrai, le mal devient le bien. Soljenitsyne a payé le prix fort pour oser dire cela : le goulag, l’exil intérieur, l’expulsion en Occident, où ses propos dérangent et lui valent bien des ennuis, quand il s’en prend au matérialisme occidental, à la société de consommation, à l’avachissement généralisé qui en résulte et surtout au déclin du courage, c’est le titre d’un de ses discours américains. Car il faut du cœur et du courage pour oser chercher et dire la vérité. Lisez Soljenitsyne, d’abord par quelques textes assez courts sur son amour des petits, des sans grade : une journée d’Ivan Denissovitch, une journée banale au Goulag, ou  la maison de Matriona, une humble paysanne, toute simple, effacée et …merveilleuse.

 

 

Hommage à SOLJENITSYNE - Le billet d'humeur
Un écrivain libre